L’Allemagne veut cesser de faire la leçon budgétaire aux Européens

Olaf Scholz, ancien maire de Hambourg est préssenti pour devenir le nouveau ministre des Finances allemand. Crédits: EPA-EFE/HAYOUNG JEON

L’Allemagne doit cesser de donner des leçons budgétaires aux autres pays européens, a assuré Olaf Scholz, le futur ministre des Finances issu du SPD.

Le social-démocrate Olaf Scholz (SPD), qui devrait être le prochain occupant au ministère des Finances dans le gouvernement d’Angela Merkel, estime que l’Allemagne « ne doit pas dicter aux autres États européens comment ils devraient se développer », dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Der Spiegel.

« Des erreurs ont certainement été commises dans le passé », ajoute-t-il, une allusion claire à la position très rigoriste adoptée dans le passé par le conservateur Wolfgang Schäuble, gardien de l’orthodoxie budgétaire dans son pays et en Europe.

Wolfgang Schäuble n’hésitait pas à réprimander les pays du sud de l’Europe pour leurs écarts sur les déficits publics. Il est aussi resté pour de nombreux pays européens comme celui qui tenta d’exclure la Grèce de la zone euro au pire de la crise de la dette.

Le ministère des Finances était depuis huit ans la chasse gardée du parti chrétien-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, qui a dû abandonner ce portefeuille-clé aux sociaux-démocrates pour arracher un accord de coalition cette semaine avec le SPD et rester au pouvoir.

Cet accord, où la signature sociale-démocrate est nettement palpable, apporte un soutien prudent aux idées de réformes pro-européennes lancées par le président français Emmanuel Macron.

Macron impose une réflexion mais pas son calendrier sur la réforme de la zone euro

La discussion politique sur l’avenir de la zone euro est reportée au mois de mars, et la feuille de route en juin 2018.

Des moyens budgétaires spécifiques pourraient être mis en œuvre comme « point de départ d’un futur budget d’investissement dans la zone euro », indique ce document.

M. Scholz assure aussi que l’Allemagne participera « de manière significative » pour combler les milliards d’euros qui vont manquer au budget européen des suites du Brexit.

La décision de confier le portefeuille des finances au SPD a fait fortement grincer les dents au sein du parti de la chancelière allemande, où l’on craint de voir un ministre des Finances aux mains du SPD lâcher la bride sur le contrôle de la dette.

M. Scholz assure toutefois que son parti va rester attaché à l’équilibre budgétaire de l’État fédéral. « Les sociaux-démocrates veulent des finances solides », a déclaré celui qui est à ce jour le maire de Hambourg.

L’accord de coalition prévoit une manne de 46 milliards d’euros pour des investissements dans l’économie et le social, mais l’Allemagne pourrait être encouragée à dépenser plus compte tenu de sa santé économique et sous la pression de ses partenaires européens.

Le budget global de l’État fédéral va représenter quelque 1.400 milliards d’euros de dépenses au cours des quatre prochaines années, rappelle M. Scholz. La marge de manœuvre pour dépenser plus « va dépendre d’une croissance supplémentaire et des recettes fiscales qui en découlent », a-t-il dit.

L’accord de coalition stipule également que les partis partenaires au gouvernement s’entendent sur « l’objectif d’un budget équilibré sans nouvelle dette et en conformité avec les exigences de la Constitution ».

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Le commissaire européen aux affaires économiques espère que son successeur assurera le portefeuille élargi de ministre européen de la zone euro. Une réforme portée par Paris et Bruxelles, mais sur laquelle l’Allemagne demeure prudente.

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