L’Assemblée nationale retoque l’idée d’un RSA étendu aux 18-25 ans

Une proposition de loi ouvrant le revenu de solidarité active à partir de 18 ans, au lieu de 25, du député LFI François Ruffin, soutenue par les socialistes, les communistes et le petit groupe Libertés et territoires, a été retoquée en séance plénière après l’avoir déjà été en commission des Affaires sociales. [EPA-EFE/YOAN VALAT]

Défendu par la gauche pour répondre aux conséquences de la crise sanitaire et économique du Covid-19 sur la jeunesse, le « RSA jeunes » a été écarté par la majorité et la droite qui lui préfèrent d’autres mesures, comme le plan « un jeune, une solution » ou la garantie jeunes. Un article de notre partenaire Ouest-France.

L’Assemblée nationale a rejeté jeudi (6 mai) l’idée d’un « RSA jeunes » ​défendue par la gauche pour répondre aux conséquences de la crise sanitaire et économique du Covid sur la jeunesse, la majorité et la droite soutenant des dispositifs « sur mesure », jugés plus efficaces.

Une proposition de loi ouvrant le revenu de solidarité active à partir de 18 ans, au lieu de 25, du député LFI François Ruffin, soutenue par les socialistes, les communistes et le petit groupe Libertés et territoires, a été retoquée en séance plénière après l’avoir déjà été en commission des Affaires sociales.

« Une dette envers la jeunesse »

Tous les orateurs ont reconnu les difficultés des jeunes face à la crise, illustrées notamment par leur présence nombreuse dans les files d’attente des banques alimentaires.

Mais deux visions se sont affrontées, entre l’octroi d’une allocation généralisée au travers de l’ouverture du RSA à partir de 18 ans, et des aides plus ciblées assorties d’un accompagnement renforcé vers la formation et l’emploi.

Avec la crise « nous avons une dette envers la jeunesse​ », a lancé François Ruffin, en reprochant au gouvernement d’y répondre par « une bienfaisance réduite à des aumônes ».

Au travers du RSA jeunes, le député insoumis a plaidé pour un « mécanisme universel » plutôt que le « maquis » ​actuel de mesures « avec des trous partout ».

Le patron des députés communistes André Chassaigne lui a apporté son soutien, pour « ne pas faire de la génération Covid une génération sacrifiée ». Le socialiste Boris Vallaud a plaidé sur ce sujet pour « un grand compromis républicain » ​afin de répondre à des « circonstances exceptionnelles​ ».

« Inefficace et contre-productif »

La ministre chargée de l’Insertion, Brigitte Klinkert, a en revanche reproché au projet d’extension du RSA d’être « inefficace et contre-productif ».

« Nous ne voulons pas de solution uniforme mais des solutions adaptées au parcours, au profil et aux difficultés de chacun », a-t-elle plaidé.

Brigitte Klinkert a mis en exergue les 9 milliards d’euros dégagés pour la panoplie de mesures du plan « un jeune, une solution ». Elle s’est engagée à le renforcer pour « construire un accompagnement global ouvert à tous les jeunes sans solution ».

D’ores et déjà, « un million et demi de jeunes embauchés, 500 000 contrats d’apprentissage signés, ce n’est pas bidon, ce sont des résultats incontestables »​, a-t-elle répliqué à François Ruffin.

Chez LR, Josiane Corneloup a salué les dispositifs d’accompagnement qui ont « fait leurs preuves » face à la crise et qu’il faudrait « amplifier ». La garantie jeunes, qui associe une rémunération et un accompagnement, « fonctionne bien », a-t-elle observé.

Un RSA jeunes risquerait « d’enfermer la jeunesse dans un dispositif qui n’offre pas de perspective à long terme », a souligné de son côté David Corceiro (MoDem) pour qui le RSA jeunes est une « fausse bonne idée ».

La proposition de loi était examinée dans le cadre d’une journée dite « de niche », réservée à des textes du groupe LFI.

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Le syndicaliste français estime, dans une interview accordée à notre partenaire Ouest-France, que la crise sanitaire liée au Covid-19 a montré toute l’importance de la puissance publique.

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