La facture du coronavirus s’annonce stratosphérique pour l’Allemagne

[EPA-EFE | Armando Babani]

Le coronavirus va coûter plusieurs centaines de milliards d’euros à l’Allemagne, selon les chiffres de l’institut ifo. Berlin devra puiser dans les caisses de l’État pour faire face à la perte de production et au chômage. Un article d’Euractiv Allemagne.

Selon les calculs de l’Institut allemand de recherche économique (ifo), la pandémie menace de se solder par des centaines de milliards d’euros de perte de production, une forte hausse du chômage et un budget national lourdement déficitaire. L’économie devrait subir une contraction allant de 7,1 à 20,6 points de pourcentage, ce qui correspond à une fourchette entre 255 et 729 milliards d’euros.

« Les coûts dépasseront probablement tout ce qu’ont pu provoquer les crises économiques ou les catastrophes naturelles survenues en Allemagne au cours des dernières décennies », estime Clemens Fuest, le président de l’ifo. Il recommande que « tous les fonds imaginables soient affectés à des mesures de politique sanitaire » afin de réduire la durée durant laquelle l’économie sera partiellement gelée, et de contenir davantage la pandémie.

Le déficit budgétaire français pourrait atteindre 7 % du PIB

Le plan de relance a déjà commencé en France. Le déficit budgétaire pourrait atteindre 7 % du PIB en 2020.

Le temps, c’est de l’argent

Le gouvernement s’est résolu à imposer cet arrêt partiel de l’économie pour mettre fin à la vie sociale en Allemagne et ralentir la propagation du virus. Et ce afin d’éviter que le système de santé ne soit surchargé.

Dans tout le pays, les restaurants, les bars et les cafés doivent fermer (sauf pour les plats à emporter et les livraisons), ainsi que les entreprises où une distance minimale de 1,5 mètre entre les personnes ne peut être respectée. C’est notamment le cas des coiffeurs, des studios de tatouage ou des salons de massage.

Dans certains États fédéraux, des règles plus strictes sont déjà en vigueur, ce qui parasite davantage encore le fonctionnement économique. En Bavière, par exemple, seuls les commerces qui vendent des produits essentiels sont encore ouverts.

L’Allemagne et les Pays-Bas « ouverts » aux « obligations corona »

Les deux des plus fervents opposants à l’émission d’une dette commune dans la zone euro, l’Allemagne et les Pays-Bas, sont ouverts à l’idée d’émettre de nouvelles euro-obligations pour atténuer l’impact économique de la crise sanitaire.

C’est le temps qui constitue le facteur le plus important dans le calcul du préjudice économique : plus la consommation redémarrera rapidement, plus les coûts seront réduits.

Selon Clemens Fuest, chaque semaine de fermeture partielle entraînera des coûts supplémentaires allant de 25 à 57 milliards d’euros, soit une baisse de la croissance située entre 0,7 et 1,6 point de pourcentage. Mais pour l’heure, personne ne peut dire avec certitude combien de temps les mesures du gouvernement devront durer.

L’adieu au « zéro noir »

D’après l’ifo, les perspectives d’évolution du marché du travail sont elles aussi terriblement sombres. Ce qui se profile « relègue dans l’ombre la situation [que nous avons connue] au plus fort de la crise financière », prévient Clemens Fuest. Dans les scénarios esquissés par l’institut de recherche, jusqu’à 1,8 million d’emplois soumis aux cotisations sociales (soit 1,4 million d’emplois à plein temps) pourraient être supprimés.

Le ministre fédéral des Finances, Olaf Scholz (SPD), a déjà annoncé que le « zéro noir » – l’expression allemande pour désigner l’équilibre budgétaire – ne pourrait être maintenu dans une telle situation.

Selon l’ifo, l’État devra débourser 200 milliards d’euros supplémentaires. Cette estimation ne tient cependant pas compte des plans de sauvetage européens qui pourraient être déployés. Clemens Fuest assure toutefois qu’il s’agit de dépenses « souhaitables et nécessaires » pour stabiliser l’économie allemande.

L'Allemagne pourrait émettre 100 millions de tonnes de CO2 en moins

Selon les premières projections, l’Allemagne pourrait émettre entre 50 et 120 millions de tonnes de CO2 en moins cette année, ce qui pourrait même l’amener à dépasser son objectif climatique. Un article d’Euractiv Allemagne.

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