Le côte de popularité des GAFA en berne auprès des Français

epa07079588 (FILE) - EPA-EFE/JULIAN STRATENSCHULTE GERMANY OUT [EPA-EFE/JULIAN STRATENSCHULTE]

Les Français perçoivent négativement les GAFA et estiment que l’Europe n’en fait pas assez pour réguler les géants du numérique, malgré les nombreuses décisions prises par Bruxelles au cours des dernières années.

Les Français ne portent pas Google, Amazon, Facebook, Apple et consorts dans leur cœur. Selon une étude réalisée par Harris Interactive auprès de 6000 Européens dans 8 pays (France, Allemagne, Grèce, Roumanie, Espagne, Italie, Pologne et République tchèque), les GAFA sont perçus négativement par une large majorité d’Européens.

Les géants de la Silicone Valley ont perdu de leur aura auprès des Européens, et particulièrement des Français. À tort ou à raison, les personnes interrogées estiment également que l’Union européenne n’en a pas fait assez en matière de réglementation de ces entreprises.

Pour 74 % des Européens, lorsque les géants de la tech s’expriment sur un sujet, ils le font pour protéger leurs propres intérêts économiques et non dans l’intérêt public. Au total, 68% des Français estiment également que l’influence des GAFA sur l’information est négative.

« On a des GAFA qui sont perçus de manière négative en France et plus largement en Europe de l’Ouest », explique Pierre-Hadrien Bartoli, chef de groupe au Département Politique & Opinion chez Harris Interactive. « L’image d’Épinal de la start-up américaine qui a grandi dans un garage est passée. »

Clivage Est-Ouest

Selon les données recueillies par Harris Interactive, la mauvaise presse des GAFA est plus forte à l’ouest de l’Europe qu’à l’Est.  « On a des Français, des Allemands, des Italiens, des Grecs et des Espagnols qui ont une opinion négative de ces acteurs américains. Davantage qu’à l’Est  », détaille Pierre-Hadrien Bartoli.

Cette séparation est-ouest s’explique en partie par la manière dont le débat public est mené dans les différents pays de l’UE.« Il y a un enjeux de maturité du débat : en France, le débat sur la taxe GAFA est entretenu par les pouvoir publics, ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays à l’Est par exemple », précise-t-il.

Par ailleurs, 64% des Européens interrogés estiment que l’action européenne est insuffisante pour répondre aux enjeux soulevés par ces entreprises. En France, ce chiffre grimpe à 75%, soit le plus élevé parmi les 8 pays sondés. « Les GAFA sont perçus comme ayant une trop grande influence au sein de l’UE, au sein des institutions, ce qui est mal perçu dans les pays de l’Ouest de l’Europe », explique Pierre-Hadrien Bartoli.

De fait, le sentiment relatif à l’insuffisance de la régulation des géants du numérique est moins fort à l’est de l’Europe. En Pologne, 46% des personnes interrogées estiment que l’UE n’a pas assez agi, 49% en Roumanie et 54% en République tchèque.

Droit d’auteur

Dans le détail, les Français sont 43% à estimer que la rémunération des artistes pour la diffusion de leurs œuvres sur Internet est suffisante. Sur l’impartialité de l’information sur les réseaux sociaux et les plateformes Internet, les Français sondés sont 25% à juger l’action européenne suffisante.

Enfin sur la fameuse taxe GAFA que les États membres ont abandonnée faute de consensus sur la question, les Français sont seulement 20% à juger que la taxation des géants des numériques est suffisante. Le soutien à la taxe GAFA est d’ailleurs une des mesures sur laquelle le soutien des personnes interrogées est le plus homogène quelque soit le pays. Le soutien le moins important se situe en Roumanie ou 77% des personnes interrogées y sont favorables, et le plus élevé en France avec un soutien culminant à 89%.

Échec de la taxe

La perception des Français et des Européens de l’impuissance de Bruxelles à réguler les GAFA n’est pas sans raison. Depuis plusieurs années, la question de la juste taxation de ces géants du numérique agite l’Europe, sans qu’une solution pérenne ne soit trouvée.

Mise sur la table par la Commission européenne, la taxe spécifique sur les entreprises numériques a été abandonnée au début de l’année, faute d’unanimité entre les États membres.

La question de la juste rémunération des auteurs a elle davantage avancé puisque l’adoption définitive de la directive sur le droit d’auteur est prévue la semaine prochaine à Strasbourg.

Régulation par les aides d’État 

La régulation des GAFA a cependant connu des avancées au cours du mandat de la Commission Juncker par le biais de la politique de concurrence.

La commissaire danoise en charge de la concurrence a infligé plusieurs amendes à Google et Amazon au cours des dernières années.

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La Commission européenne soupçonne le géant de l’e-commerce d’utiliser les données qu’il récolte sur sa place de marché en provenance de vendeurs tiers, pour s’octroyer un avantage commercial.  Un article de notre partenaire, La Tribune.

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