Le Premier ministre français Dominique de Villepin a annoncé lors d’une déclaration officielle ce matin (10 avril 2006) le retrait du contrat première embauche (CPE).
Le gouvernement français a décidé de retirer le très controversé CPE après dix semaines de manifestations menées par les mouvements estudiantins et les syndicats. Ces événements ont marqué la plus grande crise connue jusqu’à présent par le premier ministre de Villepin, à la tête du gouvernement depuis le 31 mai 2005. Ce retrait est considéré comme un échec pour M. de Villepin lui-même, qui s’était personnellement engagé dans ce projet de loi.
Le projet aurait permis aux employeurs de licencier plus facilement les travailleurs de moins de 26 ans, en échange d’un accès plus souple pour ces derniers aux allocations de chômage.
La décision de retirer le projet de loi a été prise lors d’une réunion de haut niveau à l’Elysée avec Jacques Chirac et Dominique de Villepin, qui ont ensuité été rejoints par le candidat rival de de Villepin pour les prochaines élections présidentielles, le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, trois autres ministres et des hommes politiques de haut rang du parti au pouvoir, l’UMP. M. Chirac doit s’exprimer lors d’une allocution télévisée ce soir (10 avril).
Un communiqué de presse publié par l’Elysée a indiqué : « Sur proposition du Premier ministre et après avoir entendu les Présidents des groupes parlementaires et les responsables de la majorité, le Président de la République a décidé de remplacer l’article 8 de la loi sur l’égalité des chances par un dispositif en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes en difficulté. » Dominique Paillé, membre UMP du Parlement, a ajouté que l’article 8 « sera très probablement réécrit sans mentionner le CPE. »
Le retrait du CPE est un exemple des problèmes auxquels les gouvernements sont confrontés pour mettre en oeuvre des réformes radicales du marché du travail dans le cadre de l’agenda de Lisbonne.
