Le directeur de la banque centrale s’élève contre la politique économique du Fidesz

György Matolcsy, gouverneur de la Banque nationale de Hongrie. [OLIVIER HOSLET/EPA]

« Désaccord honnête est souvent signe de progrès » – c’est par cette citation de Mahatma Gandhi que György Matolcsy, gouverneur de la Banque nationale de Hongrie, a conclu son dernier article dans le Magyar Nemzet, un journal proche du gouvernement. Son article détaille les risques sérieux liés aux conséquences de la gestion de la crise par le gouvernement, rapporte Telex.

Selon M. Matolcsy, si la croissance économique est revenue relativement vite aux niveaux d’avant la crise, cette tendance positive s’accompagne d’une augmentation rapide de la dette publique et du déficit budgétaire.

Le responsable monétaire de Budapest a écrit que le déficit budgétaire pourrait être d’environ 8 % du PIB en 2020 et 2021, ce qui placerait la Hongrie aux côtés de l’Italie et de la Roumanie, les deux pays ayant les déficits les plus élevés de l’UE, en 2022.

Le ratio de la dette publique sera d’environ 80 % du PIB pendant la période de crise et de reprise. L’objectif de déficit élevé fixé pour l’année prochaine ne promet pas une réduction tangible du ratio d’endettement, de sorte que le système financier hongrois pourrait être le plus vulnérable de la région.

La combinaison des déséquilibres budgétaires et commerciaux laisserait le pays à nouveau dans le piège du double déficit et serait aggravée par une inflation plus élevée, a averti M. Matolcsy.

Selon György Matolcsy, le rattrapage économique de la Hongrie avant la crise n’était pas viable à long terme, car il a permis d’atteindre une croissance élevée avec des améliorations de la compétitivité et de la productivité plus lentes que nécessaire.

Par conséquent, écrit-il, le gouvernement devrait laisser tomber ou rééchelonner « certains investissements publics générateurs de déficit mais non compétitifs », sans citer d’exemples concrets. Il conclut de manière quelque peu inquiétante : « C’est suffisant pour le moment, mais pas dans quelques mois. »

Viktor Orbán restera au volant du Fidesz

Lors du 29e congrès du Fidesz, dimanche 14 novembre, le Premier ministre Viktor Orbán a été confirmé à la tête du parti au pouvoir pour deux années supplémentaires, rapporte Telex, promettant que les trois dernières décennies n’étaient qu’un « échauffement ».

Subscribe to our newsletters

Subscribe