Le fromage, pomme de discorde pérenne entre la Norvège et l’UE

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Le parti libéral norvégien, est revenu sur ses engagements sur le marché unique. Il ne veut plus lever la taxe sur les importations en provenance de l'UE.

Depuis plus d'un an, la Commission européenne s’agace du comportement de la Norvège. Ce pays, membre de l'Espace économique européen (EEE) mais pas de l'UE, a introduit une taxe sur les produits importés de l'UE. De plus, le pays nordique n'a pas mis en pratique plus de 400 directives européennes, qui font obstruction au marché unique de l'Union.

Début 2013, la Norvège avait mis en place une nouvelle taxe sur certains biens importés. Le prix du fromage importé de l'Union européenne atteint ainsi 277 % du prix normal, et celui des hortensias de 72 %.

Vidar Helgesen, le ministre à la coordination des affaires de l’EEE, s’était rendu à Bruxelles en novembre dernier. Lors de ce déplacement, il avait assuré à la Commission européenne que le nouveau gouvernement se conformerait à la législation européenne.

Cependant, Vidar Helgesen n'avait pas un mandat pour un tel engagement. C'est ce qu'affirme le parti libéral norvégien, Venstre, qui soutient l’actuelle coalition gouvernementale de centre-droit.

Pas de suppression des surtaxes

Peu avant Noël, les libéraux ont voté « non » au projet de suppression des taxes supplémentaires sur les produits de l'UE lors d'une réunion de groupe au Parlement norvégien. Pål Farstad, le porte-parole du Parti libéral à la commission sur l'industrie, a déclaré au journal Aftenposten que le déplacement de M. Helgesen à Bruxelles a eu lieu « trop rapidement ».

« Nous autres, au Parti libéral, nous sommes dans une situation où nous souhaitons influencer la politique agricole et voulons que le gouvernement prenne [notre point de vue] en considération. Je constate également qu’Erna Solberg [la première ministre norvégienne] n'éprouve pas la nécessité d'aller trop vite dans ce domaine », a expliqué Pål Farstad. Le porte-parole norvégien pense que le gouvernement devrait prendre le temps de peser le pour et le contre avant d'agir. « C'est ce que nous essayons de faire », insiste Pål Farstad.

Selon lui, les exploitants agricoles norvégiens risqueraient de connaître une chute de leurs bénéfices si le gouvernement appliquait la législation européenne relative au marché unique.

Une réduction au fil du temps

« Nous avons un point de vue très pragmatique » a-t-il assuré. Selon lui, le Parti libéral souhaite prendre part à un processus de réformes en vue de modifier la taxe sur le fromage. Pål Farstad a posé toutefois une condition : cette réforme doit s’inscrire dans un cadre plus global comprenant d’autres réformes qui « pourraient renforcer la compétitivité et apporter de nouvelles sources de revenus pour les exploitants agricoles et pour l'industrie agroalimentaire ». Nous voulons une réduction d'impôts au fil du temps, » a-t-il poursuivi.

Outre le Parti libéral, l'opposition norvégienne, à l'origine de l'introduction de la nouvelle taxe, est également contre tout changement de régime fiscal.

Marit Arnstad, porte-parole du Parti centriste norvégien à la commission sur l'industrie, actuellement dans l'opposition, estime que le gouvernement norvégien doit trancher la question avec le Parlement norvégien avant d'envoyer des signaux idéologiques à l'UE.

La Commission européenne s'est abstenue de tout commentaire.

La Norvège n'est pas membre de l'UE, mais étroitement associée à l'Union grâce à son adhésion à l'Espace économique européen (EEE), car elle a rejoint l'Association européenne de libre-échange (AELE).

Après que les Norvégiens ont voté contre l'adhésion à l'UE en 1994, la Norvège a rejoint l'EEE, tout comme l'Islande et le Liechtenstein. L'Islande a désormais introduit une demande d'adhésion à l'UE.

Le commerce de la Norvège est dominé par l'UE et le pays constitue le 4e plus grand importateur de l'UE.

Les exportations de la Norvège vers l'UE ont atteint 91,85 milliards d'euros en 2008, principalement l'approvisionnement énergétique et seulement 14,1 % de produits manufacturiers. À l'inverse, les exportations de l'UE vers la Norvège représentaient 43,58 milliards d'euros et sont principalement constituées de produits manufacturiers.

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