Le gouvernement italien est divisé sur son plan de relance

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte s’exprime devant le Sénat, à Rome, le 29 octobre 2020. [EPA-EFE/MAURIZIO BRAMBATTI BT]

La proposition de mise en œuvre du plan de relance que l’Italie doit remettre à Bruxelles suscite des remous au sein du gouvernement italien. Mais le temps presse: ce jeudi 10 décembre, Giuseppe Conte doit prendre part à un Conseil européen. Un article d’Euractiv Italie.

La mauvaise humeur du parti Italia Viva s’était déjà manifestée dimanche 6 décembre, lors du sommet par vidéoconférence qui a réuni Giuseppe Conte et les chefs de groupes de la majorité, lorsque Maria Elena Boschi et Ettore Rosato ont quitté la réunion avant sa conclusion.

Dans la matinée du lundi 7 décembre, le scénario de rupture potentielle a été confirmé, d’abord par le report du Conseil des ministres à 11 heures, puis par l’émergence d’une fumée noire : « 209 milliards d’euros ne constituent pas un fait privé. J’ai reçu un texte à 2 heures du matin, sans avoir le temps d’en faire une analyse détaillée. Une pratique inacceptable et très discutable, surtout si l’avenir du pays est en jeu. Cela revient à demander de voter à l’aveugle. Italia Viva ne pense pas que cela soit possible », a déclaré la ministre Teresa Bellanova. La discussion sur le plan de relance au sein du Conseil des ministres se tiendra finalement mercredi 9 décembre.

C’est donc une semaine très difficile qui a débuté pour le gouvernement italien en général et pour Giuseppe Conte en particulier : l’exécutif risque d’achopper sur la réforme du Mécanisme européen de stabilité (MES) lors de la séance parlementaire qui aura lieu mercredi 9 décembre, notamment en raison des fortes divisions qui minent le Mouvement Cinq étoiles sur ce thème. Mais désormais, la majorité risque également de s’effriter sur la question du Plan national de relance et de résilience.

L’Eurogroupe s’accorde sur la réforme du mécanisme européen de stabilité

Lundi 30 novembre, les ministres des Finances de l’UE ont approuvé la réforme du mécanisme européen de stabilité. Le traité sera signé en janvier, a annoncé Paschal Donohoe, le président de l’Eurogroupe. Un article d’Euractiv Italie.

Quatre chapitres et six missions (numérisation ; révolution verte ; mobilité et transport ; éducation et recherche ; inclusion sociale, territoriale et du genre ; santé), soixante projets au total, une task force d’experts et la supervision de six super managers dotés de pouvoirs spéciaux pour accélérer les investissements. Ce sont là les chiffres connus du plan qui a été conçu pour mettre à profit les ressources considérables provenant de Bruxelles.

Le thème le plus clivant semble concerner la gouvernance et la proposition de mettre en place une salle de contrôle politique (où officieraient le Premier ministre, Giuseppe Conte, le ministre de l’Économie, Roberto Gualtieri, et le ministre du développement, Stefano Patuanelli) et un comité technique de six gestionnaires qui devraient s’occuper de la mise en œuvre des projets.

Les supermanagers (chacun pour une des six missions du plan), appuyés par quelque 90 techniciens, auront des pouvoirs étendus afin d’intervenir là où émergera un risque de retard et donc de perte de ressources. Un talon d’Achille pour l’Italie, qui a toujours figuré en bas de tableau lorsqu’il s’agit de l’aptitude à dépenser les fonds européens.

Paolo Gentiloni, le commissaire européen à l’économie, s’est lui aussi exprimé sur la question du plan italien. Répondant aux questions des députés européens, il a indiqué que les lignes directrices du plan de relance italien étaient « en cohérence avec l’approche de l’UE » mais « nous pourrons nous prononcer sur des aspects spécifiques lorsque nous le recevrons ». De nombreux autres pays n’ont pas encore présenté leur plan de relance à la Commission. Le plan français, en revanche, est déjà très détaillé.

Le gouvernement italien ne semble toutefois pas être le seul à risquer de tomber avant que le plan de relance européen ne voie le jour : la coalition au pouvoir en Pologne semble elle aussi être en proie à un conflit difficile à régler depuis dimanche 6 décembre, alors que la semaine en cours va s’avérer décisive pour le budget de l’UE pour la période 2021-2027 et pour le plan de relance. Dans le cas de la Pologne, c’est la menace brandie par Varsovie et Budapest d’opposer leur veto au plan de relance « Next Generation EU » (et donc de risquer d’en être exclues) qui constitue la pomme de discorde.

Bruxelles prête pour un plan de relance à 25, sans la Hongrie et la Pologne

La Commission européenne et la présidence allemande examinent toutes les options permettant de contourner le veto hongrois et polonais sur le paquet budgétaire, y compris la possibilité de transformer le plan de relance en un accord intergouvernemental à 25. Un …

Au-dessus de la mêlée plane l’avertissement de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui a déclaré à plusieurs reprises que la deuxième vague de la pandémie aurait de graves répercussions sur l’économie et que, pour cette raison, le plan de relance devait devenir opérationnel immédiatement, sans plus attendre ni hésiter. Sinon, il pourrait s’avérer insuffisant.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
Contribuer