Le gouvernement réunit les acteurs du e-commerce pour les inciter à réduire leur empreinte environnementale

Un rapport de France Stratégies de mars dernier note que la filière a connu une hausse de 37 % en 2020 par rapport à 2019, en raison de la crise sanitaire.  [Jennifer J Taylor/Shutterstock]

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, et le secrétaire d’État au Numérique, Cédric O, ont réuni mercredi (28 juillet) 15 acteurs du commerce en ligne pour les inviter à mettre en place des pratiques plus respectueuses de l’environnement.

15 entreprises ont répondu présentes mercredi (28 juillet) pour signer une charte d’engagement qui vise à réduire l’impact environnemental du commerce en ligne.

Ces acteurs du e-commerce s’engagent, notamment, à réduire le volume des emballages de livraison (pour au moins 75 % des colis) d’ici à la fin de l’année 2024, à regrouper systématiquement l’expédition des articles commandés en même temps par le consommateur, à proposer plusieurs modalités de livraison en précisant celle avec le plus faible impact environnemental ou encore à « favoriser les bons gestes de commande » — en n’incitant pas le consommateur à commander plusieurs tailles d’un même vêtement par exemple contre la garantie d’un retour sans frais.

Parmi les signataires, on retrouve notamment Cdiscount, eBay, FNAC-DARTY, La Redoute, Maison du Monde, Rakuten, Sarenza, Showroomprive ou Veepee.

Grand absent autour de la table : Amazon. Sollicité par EURACTIV France, le géant mondial du commerce en ligne a indiqué « envisager » la signature de cette charte. « Nous allons cependant attendre que des éléments clés tels que les travaux de l’Ademe soient disponibles avant de prendre une décision », précise un porte-parole. L’engagement de proposer plusieurs modalités de livraison — par variation du point de livraison, du délai ou des véhicules — à partir de 2023 devrait reposer sur les travaux de l’Agence de la transition écologique (Ademe).

Le secrétariat d’État au Numérique précise qu’il ne « s’agit pas de pointer du doigt le secteur du e-commerce » mais de le mettre face à leurs « responsabilités particulières » alors que le secteur ne cesse de croître. Anticipant les critiques selon lesquelles ces obligations auraient eu leur place dans la loi climat récemment adoptée, le gouvernement indique privilégier une « logique volontaire ».

Sauf échéance spécifique précisée, les entreprises signataires devront mettre en œuvre ces actions avant le 31 décembre 2021.

Le gouvernement a également fait savoir que ces engagements feraient l’objet d’un suivi et que « les services de l’État assureront la publication de ces résultats ».

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L’impact environnemental du e-commerce

Alors que le transport de marchandises est l’un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre avec la production d’énergie, l’empreinte carbone du commerce en ligne n’est plus à démontrer. D’autant qu’il s’agit d’un secteur qui ne cesse de gagner du terrain, et qui a pleinement bénéficié de la pandémie de Covid-19.

Un rapport de France Stratégies de mars dernier note que la filière a connu une hausse de 37 % en 2020 par rapport à 2019, en raison de la crise sanitaire.

En mai, des sénateurs ont alerté sur le fait que « l’atomisation des commandes, le raccourcissement des délais de livraison et le développement de la gratuité des frais de port ont contribué à accentuer » cet impact négatif sur l’environnement

Dans leur rapport d’information, ils ont également noté les nombreuses « externalités négatives » attribuées au transport routier particulièrement : « pollution de l’air, congestion, nuisances sonores, dégradation de la voirie, accidents de la route. »

Ils ont ainsi appelé à mieux informer le consommateur sur ces questions, en s’appuyant sur une consultation en ligne menée par le Sénat qui a révélé que 90 % des personnes interrogées souhaiteraient disposer de plus d’informations sur l’impact environnemental des solutions de livraison proposées et que 89 % d’entre eux voudraient disposer d’un plus large choix parmi les modalités de livraison pour un achat en ligne.

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