Le mode du télétravail conquit les salariés à condition qu’il soit bien encadré

Selon les résultats d’une enquête de la CGT publiés par Le Parisien, 98 % des salariés interrogés souhaitent poursuivre le travail à la maison. [fizkes/Shutterstock]

Alors que les entreprises viennent de reprendre la main pour définir les règles du télétravail, l’Ugict-CGT rend compte des conclusions d’une nouvelle enquête sur le télétravail. Si ce nouveau mode d’organisation du travail a conquis les salariés qui en soulignent de nombreux avantages, des points d’alertes soulignent toutefois la nécessité de bien encadrer sa mise en place. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Le télétravail semble avoir convaincu les salariés de se tourner vers ce nouveau mode d’organisation, mais à condition qu’il soit bien encadré. Selon les résultats d’une enquête de la CGT publiés par Le Parisien, 98 % des salariés interrogés souhaitent poursuivre le travail à la maison soulignant les avantages de l’autonomie, la diminution du temps de trajet, ou encore l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Une formule mixte

L’Ugict-CGT a réalisé une nouvelle enquête, « Télétravail, un an après », avec les ministères du Travail et de la Santé auprès de 15 000 cadres, managers, professions intermédiaires et employées du tertiaire, rapporte le quotidien francilien.

Cette publication intervient alors que le gouvernement vient d’annoncer un nouveau protocole permettant « à la direction de l’entreprise, en discussion avec les représentants des salariés, de définir les règles en matière de télétravail ».

L’étude révèle que la majorité des salariés souhaite toutefois une formule mixte autour d’un mi-temps de télétravail (deux à trois jours). Les salariés y sont notamment favorables, s’estimant à 70 % plus efficaces.

L’enquête met toutefois en exergue des inquiétudes de la part des répondants dont deux tiers craignent l’isolement.

Selon le quotidien, 8 % des managers, en première ligne de ces nouvelles organisations du travail, ne s’estiment pas toujours sûrs de pouvoir détecter le mal-être d’un salarié ou une difficulté dans leur équipe. Un tiers d’entre eux estime avoir perdu des marges de manœuvre et être moins soutenu par la hiérarchie, rapporte également le journal. L’étude souligne le besoin de maintenir des moments « collectifs » en présentiel ainsi que la nécessité d’avoir une formation au management à distance à laquelle moins de deux d’entre eux sur dix ont eu accès.

Droit à la déconnexion

D’autres craintes ressortent par ailleurs de l’étude, comme la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle puisque deux tiers des répondants déplorent avoir reçu des sollicitations durant leurs périodes de congés. Le télétravail pourrait en ce sens ajouter de la pression aux salariés. Deux tiers des personnes interrogées considèrent notamment qu’avec cette organisation de travail leurs objectifs ont été augmentés.

Enfin, concernant les frais engendrés par le télétravail, près de 7 sur 10 affirment que leur employeur ne participe pas, même partiellement.

Interrogée par le Parisien, Sophie Binet, cosecrétaire générale de l’Ugict-CGT met en garde contre « une bombe à retardement » concernant le télétravail lorsqu’il est « pratiqué en mode dégradé », faisant valoir l’importance d’avoir des accords avec les syndicats pour bien encadrer le télétravail.

Subscribe to our newsletters

Subscribe