Le Parlement européen veut mettre fin aux avis truqués sur Internet

Les eurodéputés ont mis à jour les règles de protection des consommateurs Au menu, plus de transparence dans les classements des offres en ligne, et surtout dans les avis laissés par les clients sur les produits.

En avril dernier, la Commission européenne a proposé de renforcer les droits des consommateurs et surtout leur application. Car même si les règles européennes en la matière font partie des plus strictes au monde, des scandales comme le Dieselgate ont montré qu’en pratique, leur application n’était pas toujours respectée.

La proposition avait notamment pour but d’étendre la protection des consommateurs aux achats en ligne. « Les consommateurs sauront à qui ils ont à faire lorsqu’ils achètent en ligne et si les vendeurs ont payé pour figurer dans les résultats de recherche », avait expliqué  en avril Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission, dans un communiqué.

Le 22 janvier, la commission du Parlement européen sur le marché intérieur et la protection des consommateurs a voté en faveur d’une mise à jour des règles de protection des consommateurs, qui fait partie du paquet « Nouvelle donne pour les consommateurs » proposé par la Commission.

Selon la proposition adoptée, les places de marché en ligne ou les comparateurs comme Amazon, Airbnb ou Skyscanner devront révéler les paramètres utilisés pour classer leurs offres quand l’utilisateur fait une recherche. Ces plateformes devront aussi vérifier l’authenticité des avis laissés relatifs à leurs produits.

« Les avis clients sur les sites marchands sont lus avant 85 % des réservations d’hôtel et 62 % des réservations de restaurants. Dans ce contexte, il est essentiel de responsabiliser les plateformes en ligne sur la transparence en matière de vérification des avis clients », rappelle l’eurodéputée française, Virginie Rozière (gauche radicale), qui a porté cet amendement.

« Grâce à notre vote, les consommateurs pourront faire des choix plus informés lorsqu’ils font des achats en ligne.  Une plus grande transparence des sites d’achats en ligne et des services de comparaison sera exigée.  Les sites devront fournir des informations sur le classement des offres présentées aux consommateurs, ainsi que sur l’authenticité des avis des consommateurs », se réjouit Jasenko Selimovic, rapporteur fictif pour l’ALDE.

Liste noire des pratiques commerciales déloyales

Les eurodéputés ont par ailleurs rajouté les avis trompeurs, « émanant de robots ou permis par des politiques de modérations peu scrupuleuses » dans la liste noire de la directive sur les pratiques déloyales.

À cette liste ils ont également ajouté la « double qualité des produits », plusieurs fois dénoncée par la Commission européenne, qui consiste en des produits commercialisés sous le même nom, mais dont les ingrédients ou les caractéristiques divergent en fonction du pays où ils sont vendus.

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La Commission européenne a annoncé le 11 avril qu’elle interdirait les différences de qualité des aliments entre les pays de l’UE, à la suite de plaintes des États d’Europe centrale et orientale (PECO).

Pour des infractions concernant au moins trois États membres, comme c’est le cas pour ce genre de pratiques, les sanctions pourront atteindre 10 millions d’euros, ou 4 % du chiffre d’affaires annuel.

« Nous avons inclus de nouvelles règles qui établissent des sanctions en cas de pratiques commerciales déloyales. Cela renforce la capacité des autorités chargées de la protection des consommateurs à agir lorsque le consommateur a été lésé », se félicite Daniel Dalton, eurodéputé britannique en charge de la loi au Parlement.

La proposition, amendée par les eurodéputés, a été adoptée par la commission parlementaire par 37 voix, une voix contre et une abstention. Le texte doit désormais être approuvé en plénière lors de la prochaine session à Strasbourg avant le début des négociations avec le Conseil.

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