Le parlement grec approuve de nouvelles mesures austéritaires

Alexis Tsipras

La majorité gouvernementale du parlement grec a approuvé la loi comprenant toutes les exigences imposées par les créanciers pour débloquer une nouvelle tranche de prêt. Un article d’Euroefe.

Les votes de Syriza et de son partenaire de coalition, les Grecs indépendants, ont été suffisants (153) pour que la proposition comprenant les nouvelles mesures d’austérité soit approuvée par le parlement. 128 députés ont cependant voté contre.

L’approbation de ce texte était la condition sine qua non pour que l’Eurogroupe donne son feu vert au versement de la prochaine tranche du plan de renflouement, soit 7 milliards d’euros, le 22 mai.

Syriza avait promis de ne plus voter de mesures d’austérité, mais le gouvernement espère qu’en contrepartie les créanciers concèderont au pays un allègement de la dette. Celle-ci atteint actuellement 179 % du PIB et est qualifiée d’insoutenable par des organismes comme le Fonds monétaire international (FMI).

La stratégie d’Athènes est que cet allègement de la dette permettra à la Grèce d’entrer assez rapidement dans le programme d’achat d’obligations de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui, à court ou moyen terme permettrait au pays de revenir progressivement sur les marchés.

Durant le débat au parlement, le Premier ministre, Alexis Tsipras, a défendu l’accord trouvé avec les créanciers de la Grèce et a accusé le chef de file de l’opposition conservatrice, Kyriakos Mitsotakis, de « mentir aux gens ».

Alexis Tsipras a tourné en dérision le fait que l’opposition qualifie les mesures à appliquer après la fin du programme de sauvetage de « quatrième mémorandum » et a assuré que simultanément à ces mesures, des contremesures seront appliquées pour alléger les dépenser des Grecs.

De son côté, Kyriakos Mitsotakis a accusé Alexis Tsipras d’avoir « transformé son échec en un mémorandum » tout en lui lançant que « s’ils n’avaient pas trompé les Grecs, le pays serait sur la voie de la croissance ».

La croissance grecque s'effondre sous le coup de l’austérité

Le  gouvernement grec a drastiquement réduit ses prévisions de croissance pour 2017, dans la foulée des nouvelles mesures d’austérité imposées par ses créanciers.

Le vote s’est effectué sans le groupe parlementaire néonazi Aube dorée, qui en a été exclu après l’agression lundi du porte-parole du parti conservateur par l’un de ses députés.

Manifestations

Environ 12 000 personnes, selon la police, se sont rassemblées devant le parlement pour manifester contre ce nouveau paquet de mesures austéritaires un jour seulement après une grève générale. La manifestation est donc venue clore une semaine de mobilisation et d’arrêt partiel des services publics.

Dans l’ensemble, elle s’est déroulée dans le calme, même si plusieurs groupes anarchistes ont lancé des cocktails Molotov sur la statue du soldat inconnu située devant le parlement et ont affronté la police.

Au début, les agents de la police ont réussi à dissiper les troubles avec des gaz lacrymogènes, mais plusieurs incidents similaires se sont reproduits autour de la place Syntagma.

Nouvelle coupe dans les retraites et hausse des impôts

Le paquet de mesures approuvé aujourd’hui au parlement prévoit, entre autres, des coupes dans les retraites à partir de 2019 et une hausse des impôts à partir de 2020.

L’objectif est d’économiser les dépenses publiques et d’obtenir des recettes supplémentaires pour un total de 4,9 milliards d’euros par an.

La loi comprend par ailleurs 88 des 140 mesures accordées avec les créanciers et qui étaient en attente d’approbation parlementaire ou de promulgation par décret.

Parmi elles figurent les questions concernant les privatisations, la libéralisation des professions, les horaires d’ouverture des magasins ou la vente de certains médicaments dans des supermarchés.

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Pour minimiser l’impact social, le gouvernement a intégré dans le paquet une série de contremesures, qui prévoient, à partir de 2019, une augmentation du taux de remboursement des médicaments pour les retraités ayant une faible retraite ou leur gratuité pour ceux dont les revenus sont inférieurs à 700 euros par mois.

Elles prévoient en outre d’augmenter le nombre de crèches, les programmes de cantines scolaires et de créer de l’emploi.

À plus long terme, à partir de 2020, le taux minimum d’impôt sur le revenu devraient redescendre de  de 22 % à 20 %, et de 29 % à 26 % pour les impôts sur les sociétés.

Ces contremesures ne pourront toutefois s’appliquer que si la Grèce respecte les objectifs sur l’excédent primaire, fixés pour 2018 et les années suivantes à 3,5 % du PIB.

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