Le premier green bond des Pays-Bas noté Triple A fait un carton

Ruée vers les obligations vertes néerlandaises. [Shutterstock]

La demande a dépassé 21 milliards d’euros pour la première obligation verte de l’État néerlandais, qui va lever 6 milliards. Il s’agit du premier green bond souverain d’un émetteur noté Triple A. Un article de notre partenaire, La Tribune.

L’État néerlandais avait annoncé fin octobre son intention d’émettre sa première obligation verte. L’opération a rencontré un vif succès auprès des investisseurs : la demande a atteint 21,2 milliards d’euros selon le Trésor néerlandais, pour un objectif initial de 4 à 6 milliards d’euros. Il s’agit du premier green bond souverain d’un émetteur noté Triple A (la meilleure note donnée par les agences de notation de crédit).

Les Pays-Bas sont le sixième pays européen à se lancer sur le marché des green bonds, et le troisième de la zone euro, après la Pologne en décembre 2016, juste avant la France en janvier 2017, suivies de la Belgique, la Lituanie et l’Irlande l’an dernier.

« Notre ambition est d’émettre une obligation ‘vert foncé’ », avait déclaré le ministre des finances néerlandais, Wopke Hoekstra. « Jusqu’ici, les banques, compagnies d’assurance et fonds de pension néerlandais à la recherche d’investissements verts dans des obligations souveraines sûres devaient se tourner vers l’étranger. L’obligation verte représentera un actif solide pour tout portefeuille vert. Cela permettra aux investisseurs de diversifier leurs portefeuilles verts et aidera à développer davantage le marché intérieur des capitaux verts. »

La course aux obligations vertes n'est pas indemne de green-washing

La France lance le 3 janvier sa première obligation verte, après la Pologne en décembre. L’absence de standard international pose question à la Commission européenne.

Énergies renouvelables et gestion de l’eau

En dehors d’Europe, le Nigeria, les îles Fidji, l’Indonésie et les Seychelles ont aussi émis des green bonds. Hong Kong vient également de lancer l’émission de son premier green bond, d’un montant de 500 millions à 1 milliard de dollars. Selon l’organisation Climate Bonds Initiative, plus de 62 milliards de dollars d’obligations vertes ont été émises cette année dans le monde. Le marché semble repartir.

Le Trésor néerlandais a expliqué que les fonds levés serviront à financer des dépenses ou investissements verts ou liés au climat, notamment dans les énergies renouvelables et la gestion de l’eau. Le gouvernement néerlandais a estimé qu’entre 3,5 et 5 milliards d’euros de son budget annuel pourrait être classé comme vert. Le green bond, qui a permis de lever 5,98 milliards, pourra être porté à 10 milliards d’euros par la suite. L’OAT verte, d’un montant initial de 7 milliards, a plus que doublé depuis.

L’adjudication a été effectuée sans intermédiaire. L’arrangeur de cette « groene obligatie », d’une durée de 20 ans et au taux de rendement de 0,5%, est la banque néerlandaise ABN Amro (encore détenue à 56% par l’État). Les investisseurs présentant les meilleurs standards en matière de finance durable ont été privilégiés dans l’allocation des titres

Émettre une obligation verte, c’est « faire quelque chose de bien pour la planète »

Les « obligations vertes », marché naissant, devraient toucher de plus en plus de secteurs industriels et d’États, malgré un contexte politique et de marchés plus difficile, estime Suzanne Buchta. Des propos recueillis par notre partenaire La Tribune

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