Le protectionnisme de Trump inquiète les industriels français

Trump22March2018

La croissance de l’activité dans le secteur manufacturier a ralenti en France en juin et a connu sa plus faible cadence de progression depuis février 2017, selon les économistes du cabinet Markit. Un article de notre partenaire La Tribune

L’embellie était de courte durée. Selon le dernier communiqué du cabinet Markit publié ce lundi, la croissance de l’industrie manufacturière française a connu un nouveau ralentissement au mois de juin après déjà plusieurs mois de baisse consécutifs. Ce coup de frein intervient alors que le climat d’inquiétude sur les barrières douanières et leur impact économique ne cesse de prendre de l’ampleur chez les chefs d’entreprise.

Par ailleurs, les différentes prévisions établies par l’Insee et la Banque de France pour 2018 annoncent un vrai ralentissement de l’activité en France. Les économistes des deux organismes anticipent respectivement une croissance de 1,7 % et 1,8 % en 2018 contre 2,3 % en 2017.

Les carnets de commandes au plus bas depuis l’automne 2016

Les dernières données de l’indice PMI signalent un nouveau repli de la croissance dans le secteur manufacturier avec un taux d’expansion fléchissant à son plus faible niveau depuis 18 mois. Le mois dernier, l’indice PMI synthétique du secteur manufacturier s’est établi à 52,5, un niveau inférieur à celui de mai (54,4) ainsi qu’à sa première estimation « flash » de 53,1 publiée le 22 juin.

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Tim Moore, directeur associé chez Markit, analyse ce repli ainsi :« Ce ralentissement ne semble plus résulter de contraintes de capacité et de goulets d’étranglement sur les chaînes d’approvisionnement, mais plutôt d’une faiblesse générale des carnets de commandes. »

Le nombre de nouvelles commandes affiche sa plus faible hausse depuis l’automne 2016, « freinée par la modicité du rythme d’expansion des ventes à l’export ».

Renchérissement des matières premières et hausse de l’emploi

La hausse des prix des métaux, notamment de l’acier et de l’aluminium semblent avoir un impact sur le ralentissement de la demande. Les chefs d’entreprise interrogés ont également signalé une répercussion des prix des métaux sur les coûts de production.

« La faiblesse de la demande est d’autant plus inquiétante qu’elle s’accompagne d’une forte hausse des prix des achats au cours du mois », précise Tim Moore.

Pour autant, les dirigeants interrogés continuent de signaler une forte croissance de l’emploi au cours du mois dernier.

Cette augmentation des effectifs a entraîné un renforcement « de la capacité opérationnelle dans les usines françaises, le taux d’accumulation des arriérés de production se replie et affiche son plus faible niveau depuis février 2017 ».

Zone euro, une croissance au plus bas depuis 18 mois 

L’activité de l’industrie manufacturière dans la zone euro a également ralenti au mois de juin dernier dans l’union monétaire. L’indice PMI IHS Markit des directeurs d’achats a reculé à 54,9 en juin, contre 55,5 en mai. La barre des 50 délimite croissance et contraction de l’activité, rappelle Reuters.

« L’activité manufacturière de la zone euro a montré, en juin, sa plus faible croissance en un an et demi, les risques s’orientant clairement vers un ralentissement de la croissance de la production au cours des mois à venir », a expliqué Chris Williamson, économiste d’IHS Markit.

L’enquête du cabinet révèle que les répondants « se disent de plus en plus inquiets quant aux éventuelles répercussions sur la croissance des droits de douanes et autres restrictions sur les échanges commerciaux ».

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Inquiétude sur les perspectives des marchés à l’export 

En ce qui concerne les perspectives, les chefs d’entreprise ne sont pas non plus confiants.

« Le fort ralentissement de la croissance des nouvelles commandes à l’export observé depuis le début de l’année est particulièrement préoccupant, et laisse présager un repli prochain de la demande sur les marchés à l’export », expliquent les économistes de Markit.

À l’heure où les dirigeants de la zone euro apparaissent divisés sur la question du budget de l’union monétaire, les projections relatives à l’activité paraissent incertaines dans un contexte international rempli de tensions et de replis.

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