Alors que le bilan dressé par le groupe Kok sur l’état
d’avancement du processus de Lisbonne a été plutôt bien accueilli,
la question de l’ordre des priorités entre les piliers économique,
social et environnemental demeure toujours aussi sensible.
Réactions
L'association européenne des
employeurs, l'UNICE, partage les conclusions
du rapport Kok, jugeant notamment insatisfaisant le
niveau de compétitivité actuel de l'économie
européenne. L'UNICE estime par ailleurs pertinent de
demander aux Etats membres d'élaborer des plans d'action nationaux
et d'exiger que les gouvernements nationaux soient
rendus responsables de leur bonne mise en oeuvre. Cependant,
l'organisation estime que le rapport ne présente pas suffisamment
de solutions concrètes pour relancer la stratégie de Lisbonne. "Le
rapport ne contient pas de recommandations claires sur les actions
que devraient entreprendre les gouvernements pour rendre l'UE
plus compétitive", regrette l'UNICE.
Eurochambres, l'association représentant
les chambres européennes de commerce et d'industrie, a salué le
rapport, affirmant que celui-ci abordait de façon satisfaisante
plusieurs points cruciaux tels que le manque de responsabilité des
Etats membres concernant les progrès du processus
de Lisbonne, les défauts de la méthode ouverte de
coordination, ou bien encore le besoin de rendre la stratégie
de Lisbonne plus accessible à la compréhension des
citoyens. Cependant, Eurochambres critique l'absence de clarté
du rapport au sujet du lien étroit entre progrès
économique, progrès social et progrsè environnemental. "A
l'heure actuelle, la stratégie penche trop du côté des piliers
social et environnemental. Nous devons procéder à un rééquilibrage
et faire de l'économie la priorité absolue au
cours des prochaines années", a déclaré le porte-parole
d'Eurochambres.
La Confédération Européenne des Syndicats
(CES) relève plusieurs "oublis" dans le rapport
Kok, critiquant notamment le fait que celui-ci se concentre
exclusivement sur deux aspects de la stratégie de Lisbonne, en
l'occurence l'emploi et la croissance. Selon le CES, une
importance tout aussi grande devrait être accordée à des
sujets tels la cohésion sociale et le développement durable. "Les
objectifs de Lisbonne sont d’une part de renforcer la cohésion
sociale et le développement social durable [...]. Lisbonne n’a
certainement pas pour but d’effrayer les travailleurs et citoyens
européens par un agenda étroit, décidé sans eux et axé sur une
déréglementation pure ainsi que sur une baisse de leur niveau
de vie et de leurs standards sociaux," déclare ainsi John
Monks, secrétaire-général de la CES.
Le groupe PPE au Parlement
européen déplore l'incapacité des gouvernements nationaux
à mettre en oeuvre les réformes nécessaires à la réussite
des objectifs de Lisbonne. "Les égoïsmes nationaux font trop
souvent obstacle aux efforts d'amélioration de
l'environnement offert aux entreprises", affirme le
député européen Alexander Radwan, selon qui "il ne faut dès
lors pas s'étonner que l'UE s'avère incapable d'améliorer la
compétitivité de son économie". Le PPE voit dans le rapport Kok une
"déclaration de faillite".
Les députés Socialistes au
Parlement européen ont insisté sur le besoin
de maintenir l'équilibre de l'agenda de Lisbonne, tout en mettant
en garde contre toute tentative visant à utiliser Lisbonne pour
s'attaquer aux priorités sociales. "Le manque
de précision du rapport Kok [...] crée le risque que ce texte
soit mal interprété et instrumentalisé pour saper
les fondements du programme de l'UE dans les
domaines économique, social et
environnemental", ont affirmé les chefs de file du groupe
socialiste dans une déclaration commune.
Contexte
Le groupe d'experts de haut niveau dirigé par Wim Kok a présenté
son évaluation de la stratégie de Lisbonne le mercredi 3
novembre 2004. Le rapport dresse un bilan sans concession de l'état
de l'économie européenne et analyse les facteurs expliquant la
lenteur des progrès effectués dans le cadre du processus
de Lisbonne (voir EURACTIV 3 novembre 2004).
Tout en partageant cette analyse, la plupart
des acteurs concernés ont critiqué le manque de solutions
concrètes avancées dans le rapport. Beaucoup
désapprouvent également la position adoptée par le
rapport en ce qui concerne l'équilibre entre les domaines
économique, social et environnemental.
Plus d'information
EU official documents
- Kommission/Hochrangige
Sachverständigengruppe unter Vorsitz von Wim
Kok:Die Herausforderungen annehmen - Die
Lissabon-Strategie für Wachstum und
Beschäftigung(November 2004) - Kommission,
Pressemitteilung:Kok report calls for more determined
political action to revitalise Lisbon
strategy(3 November 2004) [FR] [FR] [DE] - Kommission:Die Lissabon-Strategie
EU Actors positions
- EGB:Social Europe as a driving force for
economic growth: ETUC supports the Kok
report,, but regrets that social cohesion and
sustainable development are neglected(3 November 2004) - EVP-Fraktion im EP:Kok-Bericht: Ernüchternde
Halbzeitbilanz beim Lissabon-Prozess(3. November 2004) - SPE-Fraktion im EP:Socialists renew campaign for jobs in
Europe(3 November 2004) - CEEP:CEEP gives a mixed welcome to Kok
II(3 November 2004) - The Lisbon Council:‘A Victory for Bureaucratic
Interests’(3 November 2004) - EUROCHAMBRES:EUROCHAMBRES welcomes report and
demands Member States act to avoid
"Lisbon tragedy"(3 November 2004) - UNICE:Kok report: Good analysis but not enough
concrete proposals to dynamise Europe(3 November 2004)
Time-saving Overviews
- LinksDossier:Lisbon agenda
