Le recul du PIB allemand pénalise toute l’Europe

EPA-EFE/FOCKE STRANGMANN

Si l’économie allemande, locomotive de l’Europe, s’enraye, le train européen ralentit. Dans le même temps, la création d’emploi décline dans l’UE. Un article d’Euroefe.

Le produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne s’est contracté de 0,1 % lors du second trimestre de cette année par rapport au premier, a informé le Bureau fédéral des statistiques allemand (Destatis) le 14 août.

Cela fait deux trimestres, non consécutifs, en un an que la plus grande économie européenne décroit, en raison de la guerre commerciale et des problèmes dans le secteur automobile.

« Le secteur extérieur a freiné l’évolution de la croissance économique, car les exportations ont reculé plus que les importations par rapport au trimestre précédent », a expliqué Destatis dans un communiqué, tout en soulignant que la demande nationale, les dépenses publiques et la construction se sont redressées entre avril et juin.

Les difficultés du second trimestre se sont produites après une hausse de 0,4 % au premier. L’Allemagne avait déjà frôlé la récession technique lors de la seconde moitié de 2018, avec une contraction de 0,2 % au troisième trimestre suivi d’une fin d’année stable.

Par rapport au même trimestre de l’exercice précédent, la croissance du PIB était de 0,4 % selon Destatis.

La Commission européenne prévoit une croissance en berne

La Commission a une nouvelle fois abaissé ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2019 et 2020, dans un contexte d’incertitudes sur le commerce mondial et l’éventualité d’un Brexit sans accord. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Derrière la mauvaise posture de l’économie allemande se cache la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui nuit aux performances de son puissant secteur extérieur et de son industrie manufacturière.

La production industrielle a chuté en juin de 5,2 % en glissement annuel, la plus grande chute depuis 10 ans. Quant aux exportations, elles ont diminué de 8 %, soit la baisse la plus importante depuis trois ans.

Les incertitudes liées au Brexit, qui s’approche dangereusement d’une issue sans accord à la suite de la nomination de Boris Johnson comme Premier ministre britannique, le ralentissement économique de la zone euro et les problèmes politiques en Italie contribuent également à cette situation.

L’industrie automobile, principal employeur et exportateur du pays, se trouve aussi dans une zone de turbulences. Aux problèmes liés aux nouvelles normes européennes d’émissions s’est ajoutée une baisse de la demande. Les ventes de Mercedez-Benz, BMW et Audi ont chuté depuis le début de l’année par rapport à la même période en 2018.

Sebastian Dullien, directeur de l’Institut de macroéconomie et de recherche économique, prévient que le risque de récession « est à nouveau élevé » et considère que « les perspectives pour les prochains mois sont plus dramatiques que le petit recul du PIB ».

À la télévision, le président de l’Institut allemand pour la recherche économique, Marcel Fratzscher, a parlé des « énormes » risques politiques perturbant la croissance mais a affirmé que le pays ne faisait pas face à une « profonde récession ».

Les doutes qui planent sur le commerce international inquiètent les agriculteurs allemands

Pour la première fois, les prévisions de l’institut allemand d’économie ont inclus le secteur agricole. L’Association des agriculteurs, consultée dans le processus, se montre « prudemment optimiste » pour 2019. Un article d’Euractiv Allemagne.

Faible hausse du PIB de la zone euro

Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a augmenté de 0,2 % au deuxième trimestre de l’année, mais moins que les 0,4 % enregistrés entre janvier et mars, principalement en raison de la contraction de l’économie allemande et de la stagnation de l’économie italienne, selon Eurostat.

Dans l’ensemble de l’Union européenne (UE), le PIB a augmenté de 0,2 %, ce qui est également inférieur au taux de 0,5 % du trimestre précédent, selon les données publiées par l’Office européen des statistiques qui confirme ses estimations antérieures.

Le ralentissement de la croissance de la zone euro au deuxième trimestre est dû à la faiblesse du commerce international – les États-Unis et la Chine intensifiant leur guerre commerciale – qui nuit aux secteurs extérieur et manufacturier, et aux incertitudes mondiales, en particulier le Brexit, selon la Banque centrale européenne.

Coup de mou sur l'économie mondiale

Après le FMI et l’OCDE, la Banque mondiale vient de réviser ses prévisions de croissance 2019 à la baisse. Les incertitudes sur les échanges commerciaux et les investissements sont à l’origine de ce coup de mou, qui atteint aussi la zone euro.

Moins de création d’emplois

Eurostat a également publié des données sur l’emploi pour le deuxième trimestre, qui montrent que, tout comme la croissance, la création d’emplois se poursuit mais ralentit.

Entre mars et juin, le nombre de salariés a augmenté de 0,2 % tant dans les pays à monnaie unique que dans l’ensemble des vingt-huit pays, soit moins que la hausse de 0,4 % enregistrée au premier trimestre dans les deux zones.

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