Le taux de chômage de la zone euro, qui a atteint 7,3% en avril, pourrait être sous-estimé

Les chiffres du chômage livrés par Eurostat font état d’une hausse en avril, mais il est fort probable que le nombre réel de chômeurs soit beaucoup plus important que ce qu’indiquent les statistiques. Un article d’Euractiv Italie.

En avril, deuxième mois au cours duquel des mesures de confinement ont été mises en œuvre pour contrer la propagation du coronavirus, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s’est établi à 7,3 % dans la zone euro. En mars, il s’élevait à 7,1 %. Il a également augmenté au sein de l’UE27, passant de 6,4 % en mars à 6,6 % en avril.

Ces résultats proviennent de la dernière enquête d’Eurostat qui photographie la situation du chômage en Europe. C’est l’Espagne qui affiche le taux le plus élevé de l’UE avec 14,8%, suivie de la Lettonie (9%) et de Chypre (8,9%). En Italie, le taux de chômage atteint 6,3%.

Ces données posent certains problèmes, en particulier dans le cas de l’Italie pour laquelle elles indiquent un taux de chômage relativement faible. Cela tient au fait que ces statistiques ne prennent pas en compte une certaine catégorie de la population : celle des personnes qui ne s’inscrivent pas dans les centres pour l’emploi, car elles estiment qu’une telle démarche ne changera rien à leur situation personnelle.

Les données fournies par l’office statistique de l’Union européenne pourraient donc être très largement sous-estimées, dans certains cas tout au moins.

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Le rapport d’Eurostat met lui-même ce problème en exergue. Les mesures de confinement instaurées à partir de mars 2020 ont engendré une forte augmentation du nombre de demandes d’allocations chômage dans l’ensemble de l’UE. Mais parallèlement, une part importante des personnes inscrites dans les agences pour l’emploi ont cessé de rechercher activement du travail, notamment parce qu’elles étaient limitées par les mesures de confinement, ou dans l’impossibilité de travailler car il leur a fallu garder leurs enfants durant cette période.

Selon Eurostat, cette combinaison de facteurs a mené au fait que le nombre de gens considérés et officiellement enregistrés comme chômeurs est en réalité inférieur au nombre de chômeurs réels.

Dans les faits, il y a donc beaucoup plus de chômeurs que ceux qui sont considérés comme tels dans les statistiques, selon la définition officielle de l’Organisation internationale du travail. Un postulat qu’il est nécessaire de prendre en compte lors de l’examen du rapport.

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Le chômage des jeunes et des femmes

Eurostat a annoncé qu’en avril, le taux de chômage des jeunes (de moins de 25 ans) s’est établi à 15,4% dans l’UE27 et à 15,8% dans la zone euro, contre 14,6% et 15,1% en mars. En Italie, ce taux a atteint 20,3 % en avril, mais les niveaux les plus élevés ont été enregistrés en Espagne (33,2 %), au Luxembourg (24,7 %) et en Suède (24,4 %).

Le taux de jeunes demandeurs d’emploi a également dépassé les 20 % en France, en Bulgarie, au Portugal et en Slovaquie. C’est l’Allemagne et la République tchèque qui s’en tirent le mieux avec des taux respectifs de 5,3 % et 5,8 %.

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En avril toujours, le taux de chômage des femmes au sein de l’UE a atteint 6,8 %, en légère hausse par rapport aux 6,7 % du mois de mars. Le taux de chômage des hommes a pour sa part grimpé à 6,4 % en avril, contre 6,1 % le mois précédent.

Dans la zone euro, le taux de chômage des femmes n’a pas évolué entre mars et avril, restant à 7,6 %, alors qu’il est passé de 6,8 % à 7,0 % pour les hommes. Là encore, le pays affichant le taux de chômage des femmes le plus élevé est l’Espagne, avec 16,5 %.

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