L’économie européenne retrouvera les niveaux d’avant la crise en 2022

Le commissaire européen à l'économie Paolo Gentiloni. [EPA-EFE/JOHN THYS / POOL]

C’est plus tôt que prévu, en 2022, que l’économie de l’UE devrait renouer avec les résultats qu’elle connaissait avant la crise, estime la Commission européenne. Mais la reprise aura des rythmes différents selon les pays. Un article d’Euractiv Italie.

« Nous restons sous l’emprise douloureuse de la pandémie, dont les conséquences sociales et économiques ne sont que trop évidentes. Pourtant, il y a enfin de la lumière au bout du tunnel », a déclaré le commissaire à l’économie Paolo Gentiloni, en présentant les prévisions macroéconomiques de l’hiver, jeudi 11 février.

La Commission européenne estime que l’économie de la zone euro connaîtra une croissance de 3,8% en 2021 et en 2022, alors que celle de l’UE croîtra de 3,7 % en 2021 et de 3,9 % en 2022. Après une forte croissance au troisième trimestre 2020, l’activité économique s’est à nouveau contractée au quatrième trimestre, la deuxième vague de la pandémie ayant déclenché de nouvelles mesures d’endiguement.

Ces mesures étant toujours en vigueur, les économies de l’UE et de la zone euro devraient se contracter au cours du premier trimestre 2021. La croissance économique devrait reprendre au printemps et s’intensifier en été, à mesure que les programmes de vaccination progresseront et que les mesures restrictives connaîtront des assouplissements.

L’impact économique de la pandémie reste toutefois inégal d’un État membre à l’autre et la vitesse de la reprise devrait elle aussi varier considérablement. Certains pays atteindront les niveaux de production d’avant la crise dès la fin de 2021, comme l’Allemagne, qui devrait connaître une croissance de 3,2 % en 2021 et de 3,1 % en 2022. Le PIB (produit intérieur brut) de la France devrait augmenter de 5,5 % cette année et de 4,4 % l’an prochain. Pour l’Italie et l’Espagne, en revanche, il faudra plus de temps.

C’est en Italie, en Espagne et en France que la récession sera la plus sévère

Selon les dernières prévisions de la Commission européenne publiées mardi 7 juillet, l’Italie, l’Espagne et la France enregistreront cette année le pire ralentissement économique de l’ensemble de la zone euro. La contraction sera plus sévère que prévu.

La situation de l’Italie

Le PIB de l’Italie – dont la chute a été moins vertigineuse que prévu, atteignant -8,8 % en 2020 – devrait croître de 3,4 % en 2021 « en raison du report négatif du quatrième trimestre de 2020 et du faible démarrage de cette année », selon les prévisions de la Commission européenne. « Un rythme comparable [est attendu] en 2022 (+3,5 %) sur la base de l’élan acquis au cours du second semestre et de la poursuite de la reprise du secteur des services », mais le PIB « ne reviendra pas aux niveaux de 2019 d’ici à 2022 ». Les estimations n’incluent cependant pas les effets du plan de relance.

L’inflation

L’inflation dans la zone euro devrait passer de 0,3 % en 2020 à 1,4 % en 2021, avant de s’établir à 1,3 % en 2022. Les prévisions d’inflation pour la zone euro et l’UE ont été légèrement revues à la hausse pour 2021 depuis l’automne, mais devraient rester globalement modérées. Le retard de la reprise devrait continuer à désamorcer la pression de la demande globale sur les prix.  En 2021, elle sera temporairement poussée à la hausse par les effets de base positifs de l’inflation énergétique, des ajustements fiscaux – en particulier en Allemagne – et de l’impact de la demande refoulée. En 2022, lorsque l’offre s’ajustera et que les effets de base s’estomperont, l’inflation devrait redevenir modérée.

Forte incertitude

Les risques entourant les prévisions sont plus équilibrés qu’à l’automne, même s’ils restent élevés. Ils sont principalement liés à l’évolution de la pandémie et au succès des campagnes de vaccination. La pandémie pourrait s’avérer plus persistante ou plus grave à court terme que ce que prévoient ces estimations, ou il pourrait y avoir des retards dans l’introduction des programmes de vaccination. Si cela se produit, l’assouplissement des mesures restrictives pourra s’en trouver retardé, ce qui affectera ensuite le rythme et la vigueur de la reprise prévue.

La crise risque également de laisser des cicatrices plus profondes dans le tissu économique et social de l’UE. Une situation qui porterait également préjudice au secteur financier, qui entraînerait une hausse chômage de longue durée et aggraverait les inégalités. À l’inverse, le plan de relance « Next Generation Eu » pourrait alimenter une croissance plus forte que prévu.

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