Les banques grecques ont (à peu près) réussi les stress tests

Les banques grecques ont été recapitalisées à trois reprises depuis le début de la crise de la dette en 2010. Leur situation en fonds propres est satisfaisante, mais leur bilan comprend encore trop de créances douteuses. [Shutterstock]

La BCE a effectué de façon anticipée les tests de résistance aux chocs des principales banques du pays, avant sa sortie du plan d’aide européen cet été. Les résultats sont dans l’ensemble satisfaisants. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Les quatre principales banques grecques, Alpha Bank, Eurobank, la Banque du Pirée (Piraeus Bank) et la Banque nationale grecque (BNG), se sont félicitées ce week-end d’avoir « réussi » les stress tests réalisés par la Banque centrale européenne (BCE). Elles ont souligné qu’elles n’avaient pas un déficit de fonds propres à combler. Le superviseur bancaire a effectué ces tests selon un calendrier accéléré par rapport aux autres établissements de la zone euro (dont les résultats seront dévoilés début novembre), afin d’identifier précisément d’éventuels besoins de recapitalisations avant la sortie de la Grèce de son plan d’aide de 86 milliards d’euros en août.

Cependant, la BCE a estimé qu’en cas de scénario économique très adverse, les quatre banques grecques subiraient une forte dégradation de leur bilan à l’horizon 2020, une « diminution moyenne » de leur ratios de fonds propres « durs » (Common Equity Tier 1) « de l’ordre de 9 points de pourcentage, ce qui équivaut à 15,5 milliards d’euros » , explique-t-elle dans un communiqué publié ce week-end.

Ces tests de résistance étaient fondés sur des hypothèses économiques très négatives, à savoir deux années de fort recul du PIB grec (-1,3% en 2018 et -2,1% en 2019 avant une stabilisation en 2020).

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Alléger les créances douteuses

Les banques grecques ont été recapitalisées à trois reprises depuis le début de la crise de la dette en 2010, mais leurs créances douteuses représentent encore 96 milliards d’euros, un montant qu’elles se sont engagées à ramener à 65 milliards d’euros d’ici 2019. Des discussions sont en cours au sein de la zone euro sur l’allègement de la colossale dette publique de la Grèce (178% du PIB) et les modalités d’un nouveau mécanisme de surveillance après la fin des programmes d’aide.

La BCE a rappelé que le résultat des tests ne pouvait être considéré comme un examen réussi ou raté, dans la mesure où aucun seuil minimal de fonds propres n’avait été défini à l’avance.

« Toute décision de recapitalisation sera prise au cas par cas après étude de la situation de la banque à la lumière des résultats du test de résistance et de toute autre information pertinente des autorités de régulation, suivant une approche globale », a écrit la BCE dans son communiqué.

C’est Alpha Bank qui a obtenu les meilleurs résultats des quatre banques, affichant un recul de 8,56 points de pourcentage de son ratio de fonds propres CET1 à 9,69% dans le scénario du pire.

« Les fonds propres d’Alpha Bank, les plus élevés par rapport aux autres banques grecques, nous permet d’appliquer notre plan concernant la réduction des prêts non-performants [créances douteuses, ndlr] et contribuer à la reprise en aidant au développement des entreprises du pays », a déclaré le directeur général de la banque, Dimitris Mountzounis, dans un communiqué.

La Banque du Pirée, en queue de classement (chute de 8,95 points du ratio à 5,90%), a assuré qu’elle restait concentrée sur la mise en œuvre de son plan de renforcement des fonds propres, tout en accélérant l’assainissement de son bilan.

(avec agences).

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