Les chercheurs français vont-ils relancer leur mouvement de protestation ?

Le gouvernement français a dévoilé ses plans pour
réformer la recherche française, en réaction à la formidable
mobilisation de la communauté scientifique du pays en
2004.  

Après une année 2004 marquée par la mobilisation sans précédent
de la communauté scientifique, le gouvernement français a dévoilé
(le 14 janvier dernier) un  Projet de loi d’orientation et de programmation de la recherche et de l’innovation. Ce document jette les bases d’un « plan
national pour l’emploi scientifique » s’étendant jusqu’en
2010, prévoit la création d’une agence nationale de la
recherche scientifique et plaide en faveur de synergies
accrues entre « pôles nationaux de compétitivité » et
« pôles de recherche et d’enseignement supérieur ».

De nombreux chercheurs ont fortement critiqué les projets
du gouvernement. Celui-ci semble en effet ne pas avoir
réellement tenu compte des  24 propositions concrètes de la communauté scientifique visant
à « améliorer le système de recherche français », alors
même que le ministre délégué à la recherche,
François D’Aubert, s’était engagé à baser la nouvelle loi sur ces
propositions, résultats d’un dialogue approfondi
entre les pouvoirs publics et la communauté scientifique. Dans
ces propositions, le collectif formé au plus
fort de la crise de l’année dernière préconise
notamment la réforme des institutions de recherche,
l’augmentation du nombre de postes de chercheurs, ainsi
que l’amélioration des conditions de travail et d’emploi pour
les jeunes chercheurs.

En matière de financement, le président français Jacques
Chirac a annoncé le 4 janvier 2005 qu’un milliard d’euros
supplémentaires serait alloué à la recherche en 2005. La
hausse des investissements dans le secteur se
poursuivra pour atteindre un total de 6 milliards
d’euros supplémentaires sur les trois prochaines années (soit
une augmentation moyenne de 10% par an). Cette hausse entre dans le
cadre des efforts menés par la France pour atteindre l’objectif,
fixé au niveau européen, de porter
l’investissement dans les activités de R&D à hauteur de 3%
du PIB national à l’horizon 2010. 

Le texte final portant sur la réforme de la recherche française
doit être soumis à l’Assemblée nationale au printemps
2005.  

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