Les citoyens s’emparent de l’Europe sociale avant les élections

Cet article fait partie de l'édition spéciale L’Europe sociale à l’heure des élections européennes.

Consultés sur l’avenir de  l’Europe sociale après les élections européennes lors d’un atelier, les citoyens français ont fait montre d’une ambition sociale élevée.

Les Français seraient-ils plus européens que leurs représentants politiques ? Lors d’un atelier débat organisé à Paris le 19 février sur le thème de l’Europe sociale par la Mutualité française, les participants ont listé une douzaine de propositions pour réformer l’Europe sociale.

Parmi les propositions retenues, l’ambition est au rendez-vous. Consultés sur les thématiques de l’emploi, de la santé, de l’environnement et de la solidarité, les participants ont retenu 12 mesures.

Parmi ces mesures mettre en place un service civique obligatoire d’une durée de 1 an dans un autre pays européen sur un projet de solidarité pour les jeunes entre 16 et 30 ans, mais aussi repenser les modes de décision de l’Agence européenne du médicament en réglementant l’influence des lobbys. Sur le volet environnement, la quarantaine de personnes présente voudrait que l’UE investisse dans les entreprises agricoles qui utilisent des techniques durables et stoppe les financements aux entreprises polluantes notamment en réorientant l’attribution des fonds européens.

Une idée ambitieuse à l’heure où l’Union européenne peine à s’accorder sur l’interdiction du glyphosate. 

Le résultat des trois heures d’atelier tient sur quelques pages. Mais l’exercice d’élaboration des propositions citoyennes sur l’Europe sociale mis en branle par la Mutualité française va se poursuivre dans d’autres régions – 11 au total. Un processus qui devrait faire émerger un nombre important de propositions, qui seront ensuite départagées via une votation en ligne.

«Les citoyens ne perçoivent pas l’Europe comme une réponse aux défis sociaux»

À l’approche des élections européennes, la dimension sociale de l’Europe reste une grande inconnue aux yeux des citoyens européens.

La dernière étape décisive sera celle d’un débat entre candidats tête de liste aux élections européennes, prévu le 11 avril.  « Les propositions ayant recueilli le plus de soutien seront soumises aux candidats têtes de liste aux élections européennes », a expliqué Matthias Savignac, vice-président de l’AIM (Association Internationale de la Mutualité) dans une interview.

« Nous voulons entendre les candidats parler d’Europe sociale » explique le président de la Mutualité française Thierry Beaudet dans un message vidéo en préambule de l’atelier-débat.

Un exercice périlleux

L’exercice n’est pas aisé. « L’objectif de la matinée c’est de créer 6 propositions, en étant à l’écoute des autres et en respectant le temps de parole de chacun. Mais surtout, il faut être concret  » explique Camille, l’animatrice du groupe de travail sur la solidarité. Autour de la table, la dizaine de participants écoute attentivement les consignes avant de passer au débat. « Par exemple, supprimer la pauvreté ou arrêter le réchauffement climatique n’est pas une proposition » poursuit-elle.

« La première étape c’est de définir ensemble ce qu’on inclut dans la thématique de la solidarité », explique l’animatrice. Pour prendre connaissance des enjeux de solidarité au niveau européen, les participants se penchent sur des cartonnés qui reprennent les grands sujets : accès au logement dans les différents pays européens, réussite dans l’enseignement secondaire, nombre d’Européens vivant sous le seuil de pauvreté, etc.

Autre garde-fou imposé aux participants: il faut que les propositions aient une portée européenne et soient réalisables par les élus européens. Un exercice d’équilibriste dans lequel certains se perdent en proposant des mesures hors des clous, comme « imposer la méthode syllabique pour apprendre à lire aux enfants ».

L’exercice de l’atelier débat permet d’écarter les fausses bonnes idées, et d’affiner certaines propositions. Ainsi, la proposition de « garantir l’accès aux nouvelles technologies au sein de l’UE » devient «  imposer aux opérateurs de consacrer une partie de leurs bénéfices à la couverture des zones blanches» lors d’un deuxième tour de table.

La proposition de «faire de l’Union européenne une dynamique sociale face à l’irréversible besoin de solidarité » est écartée. « Elle exprime une finalité, mais ce n’est pas assez précis pour être mis en œuvre » pointe une participante.

Certains sujets resteront hors des propositions adoptées par jugement majoritaire à l’issue de l’atelier, au grand dam de certains. « Je suis assez étonnée qu’il n’y ait pas de proposition sur les sans-abri, c’est des sujets de riches qui ont été proposés ! » regrette une participante.

Les 10 ateliers débats qui se tiendront jusqu’en avril dans toute la France devraient permettre d’élargir le débat à d’autres thématiques.

Construisons ensemble l'Europe sociale de demain !

Une Europe active sur les sujets de santé, d’environnement, du travail et de l’emploi constitue un des remèdes au sentiment de déconnexion des citoyens au projet européen.

 

 

 

 

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