Les dépenses de l’État explosent, pas seulement à cause de la crise, critique la Cour des comptes

L’État a dépensé comme jamais en 2020 : 389,7 milliards d’euros, c’est 15,5 % de plus qu’en 2019. Merci aux taux bas et à la confiance des marchés, car c’est la dette qui en a financé la moitié, les recettes fiscales ayant chuté de plus de 30 milliards. [Petr Kovalenkov/Shutterstock]

La crise n’explique pas entièrement la hausse des dépenses de l’État en 2020, critique la Cour des comptes. Un article de notre partenaire Ouest-France.

On s’en doutait un peu… L’État a dépensé comme jamais en 2020 : 389,7 milliards d’euros, c’est 15,5 % de plus qu’en 2019. Merci aux taux bas et à la confiance des marchés, car c’est la dette qui en a financé la moitié, les recettes fiscales ayant chuté de plus de 30 milliards.

Reste, estime la Cour des comptes dans son rapport sur le budget de l’État, que si 49,7 milliards ont servi à soutenir l’économie face à la crise, 6,7 autres milliards n’y sont pas liés.

Des priorités non tenues

Parmi les causes, la croissance de l’allocation aux adultes handicapés, des achats d’équipements militaires dont le sous-marin Suffren, le dédommagement d’EDF pour l’arrêt de la centrale de Fessenheim, les intérêts de la dette de la SNCF, la flambée des dépenses des « Investissements d’avenir », pas toujours à bon escient.

Le candidat Macron avait fait une priorité de la baisse des impôts, de la maîtrise des finances publiques et de la réduction du nombre de fonctionnaires. Sa copie n’est jugée bonne que pour le premier point.

Plus de fonctionnaires

Alors que la loi de Finances initiale pour 2020 prévoyait non pas une baisse, mais une légère hausse (+199 postes) du nombre de fonctionnaires, l’État en a créé 2 801. Peu de choses, face aux 5,5 millions de fonctionnaires (dont la moitié dans la fonction publique d’État, l’autre dans les hôpitaux et les collectivités). Mais cela annule les réductions obtenues en 2019. Les urgences constatées dans l’Éducation nationale et la Justice l’ont emporté sur les promesses de campagne.

Qui plus est, 30 milliards de dépenses de 2020 ont été reportées à cette année. Entre 2018 et 2021, les dépenses de l’État devraient donc croître de 27,8 %.

Le plan de relance commun a permis de maintenir l’économie à flots

Comme le montrent les derniers chiffres d’Eurostat, la confiance des acteurs économiques parvient plus ou moins à se maintenir malgré la crise sanitaire.

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