Les dirigeants de l'UE vont axer leurs discussions sur les affaires internationales lors de leur rencontre aujourd'hui à Bruxelles (16 septembre) plutôt que d'élaborer de nouvelles mesures de surveillance budgétaire comme prévu à l'origine.
On prévoyait plus tôt dans l'année ce que le groupe de travail sur la gouvernance économique présidé par le président du Conseil de l'UE Herman Van Rompuy présenterait un modèle de surveillance plus étroite des finances nationales au sommet qui a lieu aujourd'hui.
Les progrès ont cependant été moins rapides que prévu, en raison des désaccords sur l'étendue des sanctions que l'UE attribuerait aux Etats membres enfreignant les règles budgétaires.
M. Van Rompuy devrait aujourd'hui informer oralement des nouvelles avancées du groupe de travail plutôt que de présenter un document écrit. L'équipe du président avait rédigé l'ébauche d'un rapport sur les avancées, mais il a été décidé qu'une discussion moins rigide serait préférable, les Etats membres n'étant pas prêts à approuver une architecture détaillée de la gouvernance économique.
Par ailleurs, on se demande encore comment coordonner les recommandations du groupe de travail avec la communication de la Commission sur la gouvernance économique, qui devrait être publiée le 29 septembre.
La Commission a promis que son document à venir inclurait des propositions, sur les motivations et les sanctions, mais le débat est toujours en crous pour savoir si la Commission doit devancer le rapport du groupe de travail de M. Van Rompuy, qui ne sera pas présenté avant le sommet européen d'octobre.
L'exécutif de l'UE a un "droit d'initiative" lorsqu'il s'agit de proposer une nouvelle législation européenne. La querelle pour savoir qui va prendre le dessus en ce qui concerne la gouvernance économique est donc une manière de tester les relations des institutions dans l'ère post-Lisbonne.
Aujourd'hui, la pression immédiate de la crise de la zone euro s'étant estompée – du moins provisoirement – les dirigeants et les ministres des affaires étrangères vont plutôt se concentrer sur leurs relations avec les partenaires stratégiques et la position de l'UE dans les forums internationaux majeur tels que le G20, le FMI et les discussions des Nations unies sur le changement climatique.
Ce débat semble être impératif, mais des tensions persistent entre M. Van Rompuy et la haute représentante aux affaires étrangères Catherine Ashton sur le timing de la discussion.
Des sources diplomatiques ont dit que Mme Ashton avait soutenu que le Conseil des affaires étrangères ne n'était pas suffisamment préparé sur certaines questions ajoutées à l'agenda, alors que les services de M. Van Rompuy se plaignent du rythme des progrès dans les relations internationales.
Alors qu’aucun des deux dossiers ne semble être prêt aujourd'hui, cette rencontre devient vite le sommet dont personne ne veut.
