Les entreprises appellent à un accord européen sur les visas pour les immigrants qualifiés [FR]

Alors que les dirigeants européens s’apprêtent à adopter le pacte européen sur l’immigration et l’asile plus tard cette semaine, les entreprises soulignent que la politique d’immigration ne consiste pas seulement à contrôler les frontières et les travailleurs illégaux, mais aussi à attirer des travailleurs hautement qualifiés en Europe par le biais de l’octroi rapide et facilité de permis de travail et de résidence.  

Tout en reconnaissant que le talent « maison » est le facteur le plus important pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre hautement qualifiée en Europe, les représentants des entreprises qui participaient à un débat informel avant le sommet européen des 15 et 16 octobre ont indiqué que l’immigration et l’accroissement de la contribution des immigrants hautement qualifiés à la compétitivité européenne sont également des éléments essentiels.  
Le mois dernier, les ministres européens de l’Immigration s’étaient déjà mis d’accord  sur le nouveau pacte européen sur l’immigration soutenu par la France. Un des points principaux du pacte concernent l’adoption d’une approche européenne commune à l’immigration légale ainsi que l’augmentation de l’attractivité européenne pour les individus, étudiants et chercheurs hautement qualifiés. 
Juridiquement non contraignant, le pacte se fonde sur l’initiative de « carte bleue  » européenne et sur le programme d’action relatif à l’immigration légale de la Commission, actuellement débattu au sein des institutions de l’UE. Le pacte vise à faciliter la venue de migrants qualifiés en Europe en remplaçant les 27 régimes de visas différents par un seul système européen. 

Après s’être plutôt penché sur d’autres questions relatives à l’immigration, le Conseil est désormais tout proche d’un accord sur la « carte bleue », proposée en octobre dernier par la Commission. Alors que les entreprises souhaitent se débarrasser dès que possible des frais administratifs liés au recrutement et au transfert de leurs employés autour du monde, les Etats membres restent divisés sur un problème politique : définir le terme « travailleur hautement qualifié » afin de déterminer à qui ce plan est destiné. 
Les gouvernements semblent diverger au sujet du délai de remise de la « carte bleue » après qu’un candidat pose sa candidature. Si l’objectif est de le faire le plus rapidement possible, cela signifie 30 jours pour certains, mais 60 voire 90 jours pour d’autres. Les entreprises, quant à elles, affirment qu’elles ne peuvent pas attendre plus de deux semaines. C’est pour cette raison qu’elles se plaignent du fait que le système de « carte bleue » actuel n’est pas du tout intéressant pour les entreprises, qui appellent dès lors à élaborer un plan plus ambitieux.   

Néanmoins, les pays de l’UE sont également divisés entre ceux qui sont prêts à réfléchir aux possibilités qu’offrirait une carte bleue européenne aux entreprises et ceux qui désireraient protéger la marché du travail, en particulier dans le contexte actuel de taux de chômage élevé. 

Parallèlement, les entreprises soulignent le fait que leurs plans d’expansion futurs sont déjà menacés en raison du manque de main-d’œuvre qualifiée en Europe. De sérieuses lacunes au niveau des compétences spécifiques à certains secteurs – notamment la santé, les technologies de l’information et de la communication (TIC) ou la biotechnologie – sont à l’origine d’un décalage entre les compétences acquises dans les universités et celles dont ont besoin les entreprises. En outre, 55 % de main-d’œuvre qualifiée constituée par les migrants se rend aux Etats-Unis et au Canada, et seulement 5 % en Europe. 

Un plan ambitieux et cohérent de l’UE sur l’immigration légale (comprenant des visas accélérés pour les personnes hautement qualifiées) et la possibilité pour ces personnes de s’installer avec leur famille et de circuler librement à l’intérieur de l’UE des 27 sont nécessaires pour garantir que les sociétés disposent de suffisamment de personnes talentueuses qui resteraient et grandiraient en Europe, a déclaré un représentant des entreprises. 

La commission des Libertés civiles votera sur l’initiative de la carte bleue début novembre. Son rapport sera ensuite voté en plénière. Le Parlement joue seulement un rôle consultatif. 

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