En Belgique, le coût de la main-d’œuvre a augmenté presque deux fois plus que la moyenne européenne, une conséquence de la combinaison de l’inflation, de l’indexation salariale et des pénuries de main-d’œuvre, selon les observations faites par Eurostat ces dernières années et confirmées dans un nouveau rapport publié mardi (19 mars).
Le dernier rapport d’Eurostat, l’office statistique officiel de l’Union européenne, montre qu’au quatrième trimestre de 2023, les coûts horaires de la main-d’œuvre ont augmenté de 4 % dans l’UE par rapport au même trimestre de l’année précédente.
Le coût de la main-d’œuvre, un indicateur important pour surveiller les risques d’inflation, est la somme du salaire versé à un employé, du coût de son emploi, y compris les avantages sociaux, les impôts et les autres frais à la charge de l’employeur.
C’est dans des pays à l’est de l’Union européenne que les plus fortes hausses des coûts de la main-d’œuvre ont été enregistrées : en Roumanie (16,8 %), en Hongrie (16 %) et en Pologne (13,1 %). La hausse constatée en Belgique (7,9 %) n’est pas aussi importante, mais est cependant, tout comme celle du Luxembourg (7,8 %), bien supérieure à l’augmentation moyenne de cet indicateur dans la zone euro, qui s’élève à 3,4 %.
En revanche, les chiffres des pays limitrophes sont plus proches de cette moyenne, voire même inférieurs à celle-ci (4,2 % aux Pays-Bas, 2,8 % en France et 2,5 % en Allemagne).
En termes de coûts de la main-d’œuvre, la Belgique, le Luxembourg et le Danemark affichent les coûts horaires les plus élevés, avec 50,7 euros de l’heure au Luxembourg, 46,8 euros au Danemark et 43,5 euros en Belgique. La France et les Pays-Bas suivent de près, avec respectivement 40,8 et 40,5 euros de l’heure.
En Roumanie, en Hongrie et en Pologne, où les plus fortes augmentations salariales ont été enregistrées à la fin de 2023, les coûts annuels de la main-d’œuvre sont nettement inférieurs, à 9,5 euros de l’heure, 10,7 euros et 12,5 euros, respectivement. À titre de comparaison, le pays de l’UE ayant enregistré le taux le plus bas en 2022 est la Bulgarie, avec seulement 8,2 euros par heure.
La Belgique, le Luxembourg et Malte sont les seuls pays de l’UE à appliquer un système d’indexation des salaires (tant dans le secteur public que dans le secteur privé), dans le cadre duquel les salaires sont revus à la hausse afin de protéger les citoyens et leur pouvoir d’achat de la hausse de l’inflation. Pendant la crise énergétique, la Belgique a été l’État membre où les citoyens ont vu leur pouvoir d’achat diminuer le moins.
Il faut noter que les coûts salariaux ne sont pas un critère suffisant pour estimer le salaire net perçu en fin de mois, d’autant plus que les salaires réels — qui tiennent compte de l’inflation — ont diminué au cours des deux dernières années, comme l’a rapporté Euractiv.
En 2023, le Conseil supérieur de l’emploi belge a indiqué que le pays était confronté à l’une des pénuries de main-d’œuvre les plus graves de l’UE, un phénomène qui concerne la grande majorité des États membres, ce qui met les entreprises belges dans une situation de plus en plus complexe.
La Belgique, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’UE depuis janvier, a fait de la lutte contre cette crise une priorité.
[Édité par Anne-Sophie Gayet et Thomas Moller-Nielsen]


