Les États membres devraient passer de l’austérité aux réformes

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Lors de la présentation de ses recommandations économiques pour chaque État membre demain (29 mai), la Commission européenne mettra davantage l’accent de la politique de l’UE sur des réformes structurelles pour relancer la croissance, et non plus sur l’austérité, selon des fonctionnaires.

 

Lors de son évaluation annuelle, la Commission, la gardienne des règles budgétaires de l'UE, indiquera que la consolidation budgétaire devrait se poursuivre, mais à un rythme moins soutenu dès lors que les investisseurs ont retrouvé un certain degré de confiance dans l'euro.

 

Étant donné que les gouvernements très endettés ne peuvent se permettre de relancer la croissance grâce aux dépenses publiques, ils doivent réformer la gestion de leur économie en assouplissant les marchés du travail ou en ouvrant ceux des produits et des services.

 

« Le message principal sera que l'accent passe de l'austérité aux réformes structurelles », a déclaré un fonctionnaire de l'UE haut placé.

 

Dès que les recommandations seront approuvées par les dirigeants des États de l'UE lors d'un sommet fin juin, elles deviendront contraignantes et devraient influencer la définition des budgets nationaux pour 2014 et au-delà.

 

Les 17 États membres de la zone euro auront réduit de moitié le rythme de la consolidation budgétaire en 2013 par rapport à 2012, alors que le déficit budgétaire total de la zone euro a chuté de 1,5 % du PIB en 2012, mais ne se contractera que de 0,75 % cette année, a prévu la Commission européenne ce mois-ci.

 

Les États-Unis envisagent de réduire leur déficit budgétaire de 2 % du PIB en 2013 par rapport à 2012. Sauf changement de politique, la consolidation dans toute la zone euro ne sera que de 0,1 % du PIB en 2014, contre 1 % aux États-Unis, selon l'exécutif européen.

 

La Commission a déjà indiqué qu'elle accorderait à la France, la deuxième économie de la zone euro, et à l'Espagne, la quatrième, deux années supplémentaires pour ramener leur déficit budgétaire sous la barre des 3 % du PIB. D'autres pays devraient également bénéficier d'une année supplémentaire.

 

Des réformes plus vastes du marché du travail

 

En échange, l'Espagne et la France devront toutefois s'engager dans de vastes réformes structurelles et du marché du travail afin de rendre leur économie plus concurrentielle et de favoriser la création d'emplois. Les syndicats verront probablement ces recommandations d'un mauvais œil.

 

« Pour la France, ce qui est encore plus important [que la consolidation budgétaire], c'est qu'elle accordera une attention nouvelle et forte au marché du travail, au système de retraite, à l'ouverture des professions protégées et des marchés des services », a déclaré Olli Rehn, le commissaire en charge des affaires économiques et monétaires, début mai.

 

« La France doit débloquer de toute urgence son potentiel de croissance et de création d'emploi. C'est au moins tout aussi important que la poursuite de la consolidation budgétaire », a-t-il indiqué.

 

Le taux de chômage en France s'élève à plus de 10 % de la population active et devrait augmenter. En Espagne, il est de 27 % et plus de la moitié des jeunes est sans emploi. Ce taux est plus de deux fois supérieur à la moyenne de 12 % de la zone euro.

 

La Commission demandera probablement à la France de s'attaquer à son code du travail rigide, qui empêche généralement le licenciement d'une personne sous contrat à durée indéterminée. Cette situation décourage les employeurs d'engager de nouvelles recrues.

 

Le salaire minimum en France (1 430 euros par mois), l'un des plus élevés en Europe, entrave l'emploi et rend les produits français moins compétitifs à l'échelle mondiale.

 

La France devrait également ouvrir les professions protégées, comme les chauffeurs de taxi et les notaires, et de manière plus générale les professions juridiques ainsi que le secteur de la santé. Elle devrait en outre autoriser la concurrence dans le secteur des chemins de fer et de l'électricité. L'entreprise publique EDG détient 85 % des marchés de production et de vente au détail.

 

Les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal et la Slovénie devraient également bénéficier de délais supplémentaires pour réduire leur déficit budgétaire.

 

La Commission européenne mettra un terme mercredi à une procédure pour déficits excessifs engagée contre l'Italie et devrait faire de même pour la Hongrie.

 

La Commission européenne adopte ses recommandations annuelles aux États membres de l'UE au printemps de chaque année.

 

Ces recommandations reposent sur une évaluation détaillée de la situation économique, budgétaire et de l'emploi dans chaque pays ainsi que des plans d’action qu’ils ont présentés.

 

La présentation des recommandations par pays est un moment clé du semestre européen, le calendrier de l'UE pour la coordination des politiques économiques. Le semestre européen commence chaque année par l'examen annuel de la croissance, qui fixe les orientations générales de politique économique pour l'UE dans son ensemble.

 

Ces recommandations seront approuvées par le Conseil européen de juin et formellement adoptées par le Conseil en juillet.

  • 29 mai : la Commission européenne devrait présenter ses recommandations par pays pour 2013
  • 27-28 juin : les dirigeants des États membres de l'UE devraient approuver les recommandations
  • Juillet : le Conseil devrait adopter officiellement les recommandations

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