Les États-Unis et le Royaume-Uni se joignent à l’UE et dénoncent la cyberattaque russe contre un réseau de satellites

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que la cyberattaque avait pour but de « perturber le commandement et le contrôle ukrainiens pendant l’invasion » et que « ces actions ont eu des répercussions sur d’autres pays européens ». [EPA-EFE/MARTIAL TREZZINI]

La Russie est à l’origine d’une cyberattaque de grande ampleur contre des satellites qui a mis hors service des dizaines de milliers de modems au début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. C’est ce qu’ont déclaré mardi (10 mai) les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Estonie et l’Union européenne.

L’attaque informatique contre le réseau KA-SAT de Viasat, qui a eu lieu fin février, a été lancée au moment où les chars russes entraient en Ukraine.

Josep Borrell, le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, a accusé mardi 10 mai les autorités russes d’avoir mené une cyberattaque contre un réseau de satellites une heure avant l’invasion de l’Ukraine pour préparer le terrain à son assaut.

L’UE accuse la Russie d’avoir piraté des satellites juste avant l’invasion de l’Ukraine

L’Union européenne a accusé mardi (10 mai) les autorités russes d’avoir mené une cyberattaque contre un réseau de satellites une heure avant l’invasion de l’Ukraine pour préparer le terrain à son assaut.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré que la cyberattaque avait pour but de « perturber le commandement et le contrôle ukrainiens pendant l’invasion » et que « ces actions ont eu des répercussions sur d’autres pays européens ».

La ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, a qualifié le piratage de l’Internet par satellite de « délibéré et malveillant » et le Conseil de l’UE a affirmé qu’il avait provoqué des « pannes de communication aveugles » en Ukraine ainsi que dans plusieurs États membres de l’UE.

La panne de Viasat reste la cyberattaque la plus évidente pour le public depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en partie parce que le piratage a eu des conséquences immédiates pour les utilisateurs de l’Internet par satellite en Europe et parce que les modems paralysés ont souvent dû être remplacés manuellement.

« Une fois que ces modems ont été mis hors ligne, ce n’est pas comme si on pouvait les débrancher, les rebrancher, les redémarrer et qu’ils étaient de nouveau opérationnels », a expliqué à Reuters Rob Joyce, directeur de la cybersécurité de l’Agence nationale de sécurité américaine, en marge d’une conférence sur la cybersécurité organisée mardi.

« Ils étaient en panne et sévèrement en panne : ils ont dû repartir à l’usine pour être échangés. »

Les conséquences précises du piratage sur le champ de bataille ukrainien n’ont pas été rendues publiques, mais les contrats du gouvernement examinés par Reuters montrent que KA-SAT fournissait une connexion Internet aux unités militaires et à la police ukrainiennes.

Le sabotage du modem satellite a provoqué une « énorme perte de communications au tout début de la guerre », avait déclaré en mars le responsable ukrainien de la cybersécurité, Victor Zhora.

Dans un communiqué, le service d’État ukrainien chargé des communications spéciales et de la protection de l’information a déclaré que la Russie « est un pays agresseur qui attaque l’Ukraine non seulement sur son sol, mais également dans le cyberespace ».

L’ambassade de Russie à Washington n’a pas répondu immédiatement à un message demandant des commentaires. Moscou dément généralement avoir mené des opérations cybernétiques offensives.

Viasat a déclaré dans un communiqué qu’elle « reconnaissait » l’annonce et qu’elle continuerait à travailler avec les responsables gouvernementaux pour enquêter sur le piratage. La société n’a pas fait le point sur les propos tenus par un responsable de Viasat à Reuters fin mars, qui affirmait que les pirates tentaient toujours d’interférer avec les opérations de la société, mais que leurs actions avaient un effet limité.

La cyberattaque qui a détruit le modem satellite reste le piratage le plus apparent de la guerre, mais de nombreux autres ont eu lieu depuis et tous n’ont pas été rendus publics.

« C’était l’événement le plus important », a déclaré M. Joyce. « Il comportait certainement des techniques nouvelles et inédites, mais il y a eu de multiples attaques. »

Elon Musk, milliardaire et fondateur de SpaceX, a déclaré que le service haut débit par satellite Starlink de son entreprise, disponible en Ukraine, avait résisté aux tentatives de brouillage et de piratage russes, ajoutant toutefois dans un message sur Twitter que les Russes « redoublent leurs efforts » actuellement.

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