Les Européens attendent des alternatives aux politiques d’austérité

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Un nouveau sondage montre que jusqu'à 60 % des Européens estiment que l'austérité n'est pas le seul moyen de sortir de la crise économique, alors que la Commission européenne est sur le point de présenter des propositions en vue de renforcer la « dimension sociale de l'Union économique et monétaire (UEM) ». 

Les politiques d'austérité n'ont pas bonne presse auprès des citoyens européens. Selon les résultats de l'enquête menée par l'institut de sondage Gallup, l'opinion publique européenne rejette en bloc la réduction des coûts comme unique moyen de lutte contre la crise.

Dans les pays d’Europe méridionale frappés par la crise, le soutien en faveur des mesures d'austérité est extrêmement bas. En Grèce, ils sont 94 % à estimer qu'il existe des solutions plus adéquates à la crise, 81 % des Portugais et 80 % des Espagnols affichent la même opinion.  

Plus de la moitié des personnes interrogées (51 %) pensent que les politiques d'austérité n'ont pas permis de lutter contre la crise. Seulement 5 % d'entre elles trouvent que ces mesures ont porté leur fruit. Les Bulgares (67 %) et les Hongrois (62 %) font le plus confiance aux politiques d'austérité.

À la question de savoir qui tire profit de ces politiques, 67 % des sondés répondent « seulement certains pays », dont 77 % pointent du doigt l'Allemagne.

Quelque 6 177 citoyens européens ont participé à ce sondage réalisé par Gallup pour la plateforme en ligne Debating Europe. Cette enquête s'est déroulée en marge de la table ronde « L'État de l'Europe », organisée par le groupe de réflexion "Les amis de l'Europe" le 2 octobre.

À la recherche d'une Union sociale

Dans le même temps, l'Office européen des statistiques, Eurostat, a confirmé à nouveau l'état alarmant de l'emploi des jeunes dans l'UE. Aujourd'hui, 5,5 milliards d'Européens de moins de 25 ans sont au chômage, dont 3,5 milliards dans la zone euro.

Le taux de chômage des jeunes a enregistré une très légère baisse de 123 000 dans les 28 États membres de l'Union et reste relativement stable par rapport à l'année dernière. Le taux de chômage des jeunes atteint 61,5 % en Grèce, 56 % en Espagne et 52 % en Croatie.

Pour répondre au rejet omniprésent et grandissant en Europe des politiques d'austérité depuis le début de la crise en 2008, la Commission européenne tente de trouver une réponse sociale. Le 2 octobre, la Commission doit faire des propositions en vue d'approfondir le volet social de l'Union économique et monétaire (UEM). Ces aspects sociaux « doivent être au cœur de la prise de décision politique » selon le commissaire László Andor.

Dans une note politique publiée sur le site du Centre de politiques européennes (CPE), le commissaire hongrois a expliqué que l'urgence sociale dans le sud de l'Europe a « mis au jour les lacunes systémiques dans la conception de l'UEM ».

Les propositions ont fait l'objet de discussions au plus haut niveau en Europe l'année dernière. José Manuel Barroso, le président de la Commission, les a mises en avant lors de son discours sur l'État de l'Union en septembre.

La présidente de la Commission de l'emploi et des affaires sociales du Parlement européen, Pervenche Berès,  a déclaré : « Les Socialistes ont toujours exigé l'édification d'un pilier social robuste : les 26 millions de chômeurs et les plus démunis auront besoin que d'autres politiques soient initiées sur la base de ce tableau d'indicateurs sociaux. La zone euro ne souffre pas que des déficits des États, elle souffre aussi des déséquilibres croissants entre les pays, y compris dans le domaine social. C'est pour corriger ces situations que nous demandons l'utilisation des indicateurs sociaux dans le cadre de "la procédure concernant les déséquilibres macroéconomiques". La gravité de la crise nous montre aussi qu'il faut inventer de nouveaux moyens pour remédier aux séquelles sociales qu’elle continue de laisser. C'est dans cet esprit que nous militons en faveur de l'instauration d'un ensemble de stabilisateurs automatiques, dont un système d'assurance chômage européenne doit faire partie. »

Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE ont déclaré lors du sommet de juin 2013 qu'il fallait « renforcer la dimension sociale de l'UEM ». Une avancée majeure pour la France.

Les discussions sur le renforcement de l'Union économique et monétaire (UEM) s'achèveront lors du sommet de décembre 2013. Les dirigeants des États de l'UE se sont engagés à faire le premier pas en octobre en introduisant des indicateurs statistiques en vue de mieux surveiller les conditions sociales et du marché du travail.

La Commission européenne prépare des propositions en vue d'approfondir l'UEM, a annoncé le président de l’exécutif lors de son discours sur l'État de l'Union au Parlement en 2013.

L'initiative politique a été présentée le 2 octobre.

  • 2 oct. : table ronde annuelle des amis de l'Europe sur l’État de l’Europe.
  • 2 oct. : la Commission européenne présente sa communication sur la « dimension sociale de l'UEM »
  • 24-25 oct. :  le sommet de l'UE se penchera sur les indicateurs pour la dimension sociale de l'UEM
  • 19-20 déc. : le sommet de l'UE décide de l'avancée dans l'approfondissement de l'UEM

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