Les Européens frappés par la crise luttent contre des difficultés financières

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Confrontés à des pressions sociales et à un chômage en hausse, les Européens connaissent leurs pires difficultés financières depuis des années et ont peu d’espoir de voir la situation s’améliorer, révèle une nouvelle étude.

La situation sociale dans l'ensemble s'est encore détériorée dans l'UE au cours du dernier trimestre de 2012, selon la revue trimestrielle sur l'emploi et la situation sociale dans l'UE, publiée hier (26 mars).

Le nombre de ménages européens qui connaissent des difficultés financières est toujours très supérieur aux niveaux observés au cours de la décennie précédente, selon le rapport. Près d'un ménage sur quatre est concerné et le nombre de personnes endettées n’a cessé d'augmenter.

« Les effets négatifs des restrictions budgétaires et des hausses d’impôts sur l’emploi et le niveau de vie sont de plus en plus visibles » dans certains États membres, peut-on lire dans ce rapport.

« La crise sociale que traverse l’Europe continue de s'aggraver. Dans un certain nombre d’États membres, aucun signe d’amélioration tangible n’est en vue », a déclaré László Andor, le commissaire européen en charge de l'emploi et des affaires sociales, dans un communiqué.

M. Andor n'était pas présent lors de la présentation du rapport. Son porte-parole, Jonathan Todd, a déclaré que le document de 85 pages n'était « pas facile à lire ».

La crise s'aggrave

Selon le rapport, le chômage a augmenté au cours du trimestre. Il est passé à 26,2 millions dans l'UE et à 19 millions dans la zone euro. Il s'élève maintenant à 10,8 % de la population active et à 11,9 % dans la zone euro. L'augmentation de l'année dernière a été plus prononcée dans la zone euro (+1,1 %) que dans l'UE (+0,7 %).

Le rapport précédent, qui couvre le troisième trimestre de 2012, a révélé que le chômage avait atteint un record en 20 ans et que le nombre de sans-emploi avait dépassé les 26 millions.

Le PIB de l'UE a chuté de 0,5 % au cours du dernier trimestre de 2012. Il s'agit de la contraction la plus importante depuis le début de 2009. Au sein des plus grands États membres, l'économie croît toujours en Allemagne, en Pologne et au Royaume-Uni, alors qu'elle recule en Espagne, en France et en Italie.

Au cours de l'année dernière, l'augmentation des difficultés financières a été particulièrement prononcée en Italie et relativement forte en Bulgarie, à Chypre, en Espagne, en Grèce, en Irlande et au Portugal.

Nouveau record du chômage des jeunes

Le nombre de jeunes sans emploi a atteint un record. Il a augmenté de 1,2 % l'année dernière pour arriver à 23,6 % en janvier 2013. Les chiffres vont de 15 % ou moins en Allemagne, en Autriche, au Danemark et aux Pays-Bas, à plus de 55 % en Espagne et en Grèce.

« Cela souligne le fait que les États membres doivent mettre en place la Garantie pour la jeunesse le plus tôt possible, avec le soutien de l'initiative pour l'emploi des jeunes et du fonds social », a déclaré M. Todd.

Le rapport indique également une croissance du nombre de jeunes qui ne travaillent pas et qui ne sont pas scolarisés. Les migrants sont également confrontés à des difficultés en matière d'emploi.

Bulgarie

Selon le rapport, le risque d'exclusion sociale est le plus élevé en Bulgarie.

Sofia propose le salaire moyen le plus bas dans l'UE, à savoir 393 euros, et 22 % de la main-d'œuvre a droit au salaire minimum, soit 159 euros.

Près de la moitié des Bulgares (44 %) ont connu une « privation matérielle grave en 2011 ». Ce pourcentage est le plus élevé dans l'UE et cinq fois supérieur à la moyenne des Vingt-Sept.

Le rapport fait également part de manifestations liées aux factures d'électricité et à d'autres conditions économiques, qui ont provoqué la démission de Boyko Borissov au poste de premier ministre en février. Sept manifestants se sont immolés par le feu et quatre sont décédés.

Dans le paquet pour l'emploi adopté en avril 2012, la Commission européenne a proposé une nouvelle approche pour la politique de l'emploi. L'exécutif européen propose un modèle basé sur l'emploi, où le travail est la ressource la plus précieuse et où l'emploi productif est une source de croissance et non une conséquence de la relance.

Lors du Conseil européen de juin 2012, les chefs d'État et de gouvernement de l’UE ont adopté un « pacte pour la croissance et l'emploi » de 120 milliards d'euros.

Ce pacte met l'accent sur les solutions face au chômage et aux conséquences sociales de la crise, en référence à des sections du paquet pour l'emploi et la création d'emplois de qualité, les réformes structurelles pour des marchés du travail dynamiques, l'investissement en capital humain et l'amélioration de la surveillance multilatérale des politiques d'emploi.

Lors du dernier sommet de l'UE les 14 et 15 mars 2013, les dirigeants de l’UE ont fait pression en faveur de la mise en oeuvre des mesures adoptées lors du Conseil de juin 2012.

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