Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire s’est dit « sûr que certains prix vont baisser » dans les prochaines semaines, alors que l’inflation alimentaire peine à décroître en France.
Interviewé sur France 3 dimanche (7 janvier), le ministre de l’Économie et des Finances a assuré que certains produits alimentaires allaient voir leur prix baisser, après de longs mois d’inflation alimentaire.
« Vous aurez sur le beurre, sur les huiles, sur certains produits comme la volaille, sur certaines viandes, des baisses de prix, pas simplement une stabilisation », a-t-il avancé.
Conséquence de la guerre en Ukraine et de l’augmentation du prix des matières premières, le coût de l’alimentation s’est envolé pour les Français ces dernières années : jusqu’à 16 % d’inflation sur un an en mars 2023 – 19 % en UE -, avant de redescendre autour de 7 % en décembre dernier.
Selon une récente analyse de NielsenIQ pour LSA, la France fait partie des pays « où les prix ont le plus augmenté depuis janvier 2022 » avec une inflation alimentaire cumulée de 17,9%, entre janvier 2022 et août 2023. Elle ne dépasse pas 17,2% en Espagne, 16,4% en Italie, et 15,5% en Allemagne.
Pour Bruno Le Maire, la situation va s’améliorer dès la fin des négociations commerciales entre distributeurs et fournisseurs, le 31 janvier prochain. Il a cependant averti que les prix d’avant-crise ne reviendront pas.
Le ministre emboîte ainsi le pas de plusieurs patrons de grandes surfaces qui ont récemment annoncé des baisses, du moins pour les marques distributeurs.
« La bonne nouvelle, c’est que l’inflation à deux chiffres, c’est fini », s’est réjoui dans Ouest France Thierry Cotillard, président du groupement Les Mousquetaires (Intermarché, Netto, Bricomarché, Bricorama…), tout en fustigeant les hausses « inacceptables » de la part des industriels, alors même que le coût des matières premières a fortement diminué.
Pour faire pression sur les géants de l’agro-industrie, Carrefour est allé jusqu’à retirer de ses rayons, et ce dans plusieurs pays européens, les marques du groupe Pepsico (Pepsi-Cola, Lipton, Lay’s, Doritos…).
Une seule négociation commerciale par an et pas de chèques alimentaires
Alors que Bruno Le Maire avait annoncé cet été vouloir avancer les négociations commerciales – habituellement en mars –, il s’est opposé à leur tenue tout au long de l’année, comme cela se pratique dans les autres pays européens.
« Je pense que ça poserait beaucoup de problèmes à nos producteurs », « j’ai peur que ça fragilise beaucoup nos paysans », a-t-il balayé.
Pour Daniel Ducrocq spécialiste chez NielsenIQ interrogé dans le Figaro, cette spécificité française pourrait, en autres facteurs, expliquer que les prix évoluent plus lentement en France que chez ses voisins européens, d’où ce retard dans la déflation alimentaire.
Le ministre enterre enfin l’idée des chèques alimentaires, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, réclamés par de nombreuses associations pour aider les plus modestes. « Oublions les politiques de chèques, nous n’en avons pas les moyens aujourd’hui », a-t-il conclu, misant sur la baisse des tarifs pour gonfler le pouvoir d’achat.


