Les quatre frugaux insistent pour une relance sous condition

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à d.), et le président du Conseil européen Charles Michel (à d.), s'entretiennent avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz (à g.), le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, la Première ministre danoise Mette Frederiksen, et le Premier ministre suédois Stefan Löfven. [EPA-EFE/VIRGINIA MAYO / POOL]

Les chefs des gouvernements autrichien, suédois, danois et néerlandais ont écrit une lettre au Financial Times pour confirmer que leur position sur le plan de relance de 750 milliards d’euros n’avait pas changé. Un article d’Euractiv Italie.

Il y a quelques jours, les commissaires européennes danoise (Margrethe Vestager), finlandaise (Jutta Urpilainen) et suédoise (Ylva Johansson), ont rédigé une lettre pour tenter d’expliquer à leurs pays les raisons pour lesquelles ils devraient soutenir le plan de relance de la Commission européenne. Peine perdue : depuis, les quatre frugaux resserrent les rangs, balayant ainsi toute hypothèse sur un éventuel revirement.

Le Premier ministre suédois Stevan Löfven, sa collègue danoise Mette Frederiksen, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, ainsi que le chancelier autrichien Sebastian Kurz, se disent prêts à soutenir la relance commune, à condition que des principes importants ne soient pas « jetés par-dessus bord ».

Bruxelles propose un plan de relance historique de 750 milliards d'euros

La Commission européenne a proposé un plan de relance budgétaire sans précédent de 750 milliards d’euros, constitué essentiellement de subventions non remboursables, afin de permettre à l’Union de surmonter la récession la plus grave de son histoire.

En clair, l’allocation des fonds devra reposer sur des critères spécifiques et liés à la crise. Le fonds devra en outre être de nature temporaire et opérationnel pour une durée maximale de deux ans. Autre précision : il ne pourra pas être plus important « que ce qui pourrait être utilement absorbé par les États membres pendant l’urgence actuelle ».

Les quatre dirigeants assurent qu’il est dans leur intérêt – et dans celui de tous – de relancer le marché unique « à plein régime ». « Les travailleurs de Volvo en Suède et de Philips aux Pays-Bas dépendent du développement économique en Grèce et en Slovaquie. Plus les économies italienne et espagnole seront fortes, et mieux cela vaudra pour le Danemark et l’Autriche. Et vice versa », écrivent-ils. Mais pour ce faire, il est impensable de recourir à des subventions. « Comment pourrait-il être responsable de dépenser 500 milliards d’euros qui ont été empruntés et d’envoyer la facture à l’avenir ? », demandent-ils.

Les « quatre frugaux » présentent un contre-projet au plan de relance Merkel-Macron

L’Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède ont envoyé leur propre projet de fonds de relance de l’UE aux capitales européennes samedi 23 mai. Point central du document : l’argent devra être remboursé. Un article d’Euractiv Allemagne.

La seule manière « saine » d’utiliser l’argent emprunté par l’UE est « de le convertir en prêts pour ceux qui en ont vraiment besoin, aux meilleures conditions possibles ». La lettre envoyée au journal britannique ne laisse aucune place à l’interprétation et douche tout enthousiasme quant à la prétendue ouverture du Danemark lors des négociations en cours.

Au cours des derniers jours, Charles Michel, le président du Conseil européen, a annoncé que les négociations étaient ardues. Il l’a répété dans une lettre envoyée mardi 16 juin aux chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres, en vue du sommet prévu vendredi 19 juin.

Dans son message, Charles Michel souligne qu’il sera nécessaire de mener un débat « approfondi » sur quatre points sur lesquels les avis « ne convergent pas encore » : la taille et la durée des divers instruments proposés, la question des prêts et des transferts, les conditionnalités et le volume du budget européen.

Selon l'Italie, aucun pays ne remet en cause la nécessité d’émettre de la dette

Tous les États membres de l’UE, y compris les « frugaux », sont désormais convaincus que les ressources d’un fonds de relance doivent être trouvées sur le marché, assure Enzo Amendola, le ministre italien des Affaires européennes à Euractiv Italie.

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