Les risques climatiques encore mal perçus par l’entreprise et la banque

Pour Mark Carney, entreprises et banques ne prennent pas assez en compte les risques climatiques. [Policy Exchange/Flickr]

Un nombre croissant de multinationales intègre la dimension climatique dans leur stratégie. Paradoxe: les banques ne sont pas les meilleures élèves. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Les grandes entreprises sont de plus en plus enclines à intégrer la problématique climatique dans leur stratégie, indique la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD), dans un rapport publié le 26 septembre.

Initiée en 2015 par le Conseil de stabilité financière, cette initiative milite pour que les entreprises cartographient les risques que leur posent ou leur poseront les conséquences des changements climatiques: contraintes carbone étouffant brutalement un secteur, multiplication des événements climatiques extrêmes. Dans l’idéal, cette cartographie doit être rendue publique pour informer investisseurs potentiels et actionnaires.

Climat: les banques françaises en tête en Europe

BNP Paribas arrive en tête du classement de l’ONG ShareAction qui promeut l’investissement responsable, suivie d’UBS et HSBC. Deux autres françaises, Crédit Agricole et Société Générale, se hissent dans les premières banques européennes en matière de reporting et de gestion des risques climat. Un article de notre partenaire, La Tribune.

100 000 milliards d’actifs

Dans son dernier recensement, la TCFD estime à 457 grandes entreprises et 56 institutions internationales le nombre à soutenir ces grands principes de la finance climat. Dans le lot: 287 investisseurs gérant près de 100 000 milliards de dollars d’actifs.

C’est encore peu, mais cela progresse vite. Lors de la première édition du One Planet Summit, en décembre dernier, les bonnes pratiques de la TCFD ne comptaient alors que 237 supporters.

Paradoxalement, les banques britanniques ne montrent pas l’exemple. Selon un rapport de la Banque d’Angleterre, publié le 26 septembre, seuls 10% des établissements audités considèrent le risque climatique comme une donnée stratégique. «Cela engage le conseil d’administration. Cela signifie aussi que les risques climatiques à court et long termes sont considérés et que des actions sont menées pour les réduire.»

Risque de réputation

Pour 60% des banques made in UK, le climat est l’un des nombreux risques à prendre en considération. Sans plus. Enfin, le tiers des banques ne l’envisagent que comme un facteur pouvant éventuellement ternir une réputation.

Très insatisfaisant pour Mark Carney. Dans un communiqué, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, également à l’origine de la TCFD, estime que les risques financiers encourus par les banques, aussi graves soient-ils, «se situent au-delà de leur horizon». Un horizon situé à quatre ans pour neuf banques sur dix.

« Nous observons un mouvement profond en faveur de la finance verte »

Les investisseurs doivent de plus en plus prendre en compte les risques judiciaires liés au réchauffement climatique, rappelle Philippe Desfossé, alors que s’ouvre la Climate Week à New York.

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