L’Espagne est le pays de la zone euro qui a le moins dépensé pour faire face à la crise, selon la BCE

Un homme portant un masque de protection devant le Palais royal de Madrid, en octobre 2020. [EPA-EFE/Juan Carlos Hidalgo]

D’après la Banque centrale européenne (BCE), l’Espagne est le pays de la zone euro qui a le moins dépensé par rapport à son produit intérieur brut (PIB) pour affronter la crise déclenchée par la pandémie de Covid-19. Un article d’Euroefe.

L’Espagne est le pays qui a le moins desserré les cordons de la bourse selon un article du prochain bulletin économique de la Banque centrale européenne (BCE), qui a fait l’objet d’une publication anticipée.

Les auteurs, Stephan Haroutunian, Steffen Osterloh et Kamila Slawinska, estiment que les dépenses effectuées par l’Espagne dans le cadre de cette crise représentent 1,3 % du PIB, contre 4 % en moyenne dans la zone euro, selon les calculs de la Commission européenne.

Ce chiffre est bien inférieur à celui fourni par le gouvernement espagnol, qui est de 5,5 %. Une différence qui s’explique par la diversité des approches employées pour communiquer sur les mesures mises en œuvre.

Le taux espagnol des dépenses par rapport au PIB est également beaucoup plus faible que celui de la France qui atteint 3 %, de l’Allemagne qui dépasse les 4,5 %, ou de l’Italie qui frise les 5,5 %.

Le ministre allemand des Finances prône l'endettement pour favoriser la relance économique

Pour une fois, l’Allemagne n’hésite pas à s’endetter pour surmonter une crise. Elle adopte un deuxième supplément au budget, qui porte l’emprunt de l’État dû au coronavirus à un total de 218,5 milliards d’euros. Un article d’Euractiv Allemagne.

Dans certains pays, « les estimations de la Commission européenne diffèrent de celles des autorités nationales, en particulier en ce qui concerne les dépenses liées aux programmes de chômage partiel », selon l’article du bulletin publié ce jeudi par la BCE.

La Commission européenne a tendance à considérer ces dépenses comme faisant partie des stabilisateurs automatiques qui peuvent éventuellement être déployés face à la baisse des ventes ou de la production, mais certains pays les considèrent comme une mesure discrétionnaire dans leurs plans budgétaires.

D’autres différences sont liées au traitement des impôts différés et des cotisations sociales.

En outre, dans certains pays, le total des mesures budgétaires approuvées en 2020 pourrait dépasser les estimations de la Commission, car les plans budgétaires ont été préparés avant la deuxième vague de la pandémie survenue à l’automne. Or, celle-ci s’est traduite par des coûts supplémentaires liés aux mesures déjà approuvées, ainsi que pour l’adoption de nouveaux dispositifs.

Les dépenses de l’Espagne ont également été plus faibles l’an dernier que pendant la crise financière de 2009, où elles ont atteint 2,5 % du PIB.

C’est en Italie, en Espagne et en France que la récession sera la plus sévère

Selon les dernières prévisions de la Commission européenne publiées mardi 7 juillet, l’Italie, l’Espagne et la France enregistreront cette année le pire ralentissement économique de l’ensemble de la zone euro. La contraction sera plus sévère que prévu.

L’impact budgétaire des mesures de relance approuvées dans le cadre de la crise financière de 2009 dans l’ensemble de l’Union européenne s’était élevé à 1,5 % du PIB.

Les économistes de la BCE estiment que l’impact budgétaire des mesures économiques adoptées pour faire face à la pandémie « est sans précédent par rapport à d’autres crises ».

En 2009, les différences entre les pays étaient plus importantes qu’elles ne le sont à l’heure actuelle face à la pandémie, car pendant la précédente crise financière, certains États n’avaient pas appliqué de mesures de relance budgétaire.

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