L’Espagne et l’Allemagne discuteront du fonds de relance la semaine prochaine

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, et la chancelière allemande, Angela Merkel, en 2019. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

La semaine prochaine, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, s’entretiendra avec la chancelière allemande, Angela Merkel, en amont du sommet européen sur le fonds de relance. Ce mercredi 8 juillet, il a également reçu Giuseppe Conte, son homologue italien.

En vue du Conseil européen qui aura lieu dans dix jours et au cours duquel seront négociés le plan de relance et le cadre financier pluriannuel (CFP), les réunions se succèdent entre chefs d’États de l’UE.

Pedro Sánchez, notamment, enchaîne les entrevues pour se rapprocher de ses alliés et trouver un terrain d’entente avec les pays plus hostiles.

Lundi 6 juillet, il s’est entretenu avec le Premier ministre portugais, Antonio Costa, et tous deux ont clairement indiqué qu’ils partageaient une stratégie et des objectifs communs. Ce mercredi 8 juillet, il ra rencontré le Premier ministre italien, Giuseppe Conte.

Les deux hommes ont affirmé lundi que le montant du fonds de relance devrait être « au moins » égal aux 750 milliards d’euros proposés par la Commission, qui prévoit de distribuer 500 milliards de cette somme sous forme de subventions directes.

Giuseppe Conte a quant à lui rencontré Antonio Costa à Lisbonne mardi 7 juillet, avant de se rendre à Madrid ce mercredi. L’Italien a déjà affirmé qu’il espérait « établir une stratégie finale » avec ses deux homologues avant le sommet européen, qui aura lieu les 17 et 18 juillet prochains.

De nouvelles prévisions économiques rappellent l’urgence de l’accord

Après leur réunion à Lisbonne, les Premiers ministres portugais et italien ont évoqué les dernières prévisions économiques de la Commission, qui sont pires que les précédentes. Pour eux, ces estimations à la baisse soulignent l’importance de parvenir rapidement à un accord sur le plan de relance économique et social.

L’exécutif européen prévoit une baisse de 8,7 % du PIB de la zone euro en 2020, soit un pour cent de plus que son estimation précédente.

Antonio Costa espère que ces prévisions serviront de « très sérieux avertissement » aux autres dirigeants européens, et que ces derniers auront « conscience » qu’ils ne « [pourront] quitter Bruxelles sans avoir conclu un accord aussi proche que possible de la proposition intelligente, juste et équilibrée de la Commission ».

« Nous n’avons pas le temps, nous devons trouver le courage de décider immédiatement », a convenu Giuseppe Conte. Pour lui, l’UE doit apporter une réponse politique « forte et ambitieuse » à la crise.

Les deux ministres ont également signalé que si les pourparlers traînaient encore, la situation pourrait se détériorer et la réponse économique devrait être encore plus importante.

« Si cela n’est pas fait à temps, les […] ressources financières [actuelles] pourraient ne plus être suffisantes », a déclaré l’Italien.

C’est en Italie, en Espagne et en France que la récession sera la plus sévère

Selon les dernières prévisions de la Commission européenne publiées mardi 7 juillet, l’Italie, l’Espagne et la France enregistreront cette année le pire ralentissement économique de l’ensemble de la zone euro. La contraction sera plus sévère que prévu.

Giuseppe Conte a aussi rappelé que cette crise mondiale toucherait toute l’Europe. « Il n’y aura ni gagnants ni perdants. […] Nous allons gagner ou perdre ensemble », a-t-il déclaré.

« Nous ne devons prouver à personne que le Portugal, l’Italie ou l’Espagne doivent bénéficier d’une aide ; nous devons les convaincre qu’il est nécessaire de réagir, parce que cette crise sans précédent va détruire le marché unique. Si certains pays ont plus de difficultés à se relever, tous les autres en ressentiront les effets », a affirmé le Premier ministre.

L’agenda de Pedro Sánchez à l’approche du sommet

La semaine prochaine, en amont du sommet, Pedro Sánchez rencontrera les chefs de gouvernement de deux des « quatre radins » (les Pays-Bas, la Suède, le Danemark et l’Autriche). Ces pays s’opposent à la proposition de la Commission et veulent imposer des conditions strictes, notamment la possibilité d’opposer leur veto aux plans de réforme des autres États membres.

Le Premier ministre espagnol se rendra donc à La Haye pour rencontrer son homologue néerlandais, Mark Rutte, puis à Stockholm pour rencontrer le chef d’État suédois, Stefan Löfven.

Et entre ces deux réunions, une autre pourrait avoir lieu à Berlin avec Angela Merkel.

La porte-parole du gouvernement espagnol, María Jesús Montero, a déclaré mardi lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil des ministres que l’organisation d’un entretien avec la chancelière allemande était « sur le point d’être finalisée ». Elle a par ailleurs souligné que toutes les réunions planifiées cette semaine étaient « d’une importance capitale pour l’avenir du continent ».

La ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha González Laya, a également défendu le fonds de relance mardi 7 juillet. « Ce n’est pas une dépense, c’est un investissement commun que nous faisons tous, l’Espagne aussi ». Elle a défini le plan de sauvetage comme un projet qui en « [valait] la peine » pour garantir une sortie rapide de la crise dans toute l’Europe.

Arancha González Laya a rédigé une déclaration commune avec son homologue suédois après l’avoir rencontré à Madrid. Dans le communiqué, les deux ministres s’accordent à dire que la réponse à la crise, fondée sur un « consensus européen », doit être « solide, rapide et responsable » et doit inclure des prêts et des transferts.

Concernant la conditionnalité, c’est-à-dire le fait que l’aide doit être affectée à des objectifs liés à la crise, la ministre espagnole a demandé qu’elle soit « alignée » sur les procédures communautaires « pour en assurer le respect ».

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