L’Eurogroupe est largement favorable à l’activation du mécanisme européen de stabilité

Les ministres de l’Économie et des Finances de la zone euro sont favorables à l’activation du mécanisme européen de stabilité afin d’octroyer un financement spécifique aux pays qui luttent contre la pandémie. Un article d’Euroefe.

Les pays pourraient recevoir des fonds équivalents à 2 % de leur PIB et sous certaines conditions, a expliqué Mario Centeno, le président de l’Eurogroupe, à l’issue d’une réunion des grands argentiers des 27 États membres de l’UE sur les mesures à prendre pour lutter contre la crise économique générée par le coronavirus. La rencontre a eu lieu mardi 24 mars par vidéoconférence.

« Bien que cette décision bénéficie d’un large soutien, il va encore falloir régler les détails », a précisé Mario Centeno. Il reviendra aux chefs d’État et de gouvernement de trancher et de déterminer quelle sera la réponse concrète de l’UE, lors du sommet qui les réunira par téléconférence ce jeudi 26 mars.

La France veut déclencher le mécanisme européen de stabilité

L’outil de gestion de crise financière des pays de la zone euro doit être activé sans attendre et sans condition, a demandé Bruno Le Maire avant une réunion de l’Eurogroupe.

Le financement s’appuierait sur les lignes de crédits préventives du mécanisme européen de stabilité (MES), un outil qui n’a jamais été utilisé jusqu’à aujourd’hui et qui permet d’accorder des prêts aux pays qui ont des difficultés à accéder au marché mais dont l’économie est encore saine et n’a pas besoin d’un renflouement complet. En contrepartie, ils doivent se plier à des conditions fixées en fonction de leur situation.

Mario Centeno a expliqué que les caractéristiques de ce financement spécifique lié au coronavirus, ainsi que les conditions qui lui seront associées, devront être « en cohérence avec la nature externe et symétrique de la crise du COVID-19 », qui diffère de la crise financière et de la dette de 2008.

À court terme, les fonds reçus par les pays devront être employés pour faire face à la crise du coronavirus. À plus long terme en revanche, « nous nous attendons à ce que les pays retrouvent leur stabilité financière ».

« Cela constituera une ligne de défense supplémentaire pour l’euro et fera office de paratonnerre pour nous protéger de la crise », a poursuivi le ministre portugais.

Quant à la possibilité d’émettre des « obligations corona », permettant une mutualisation de la dette au niveau de l’UE, Mario Centeno a déclaré qu’aucun consensus n’avait pu être trouvé lors de la réunion. L’option est cependant toujours sur la table, selon le commissaire à l’économie, Paolo Gentiloni.

Le Premier ministre italien appelle l'UE à émettre des « obligations corona »

Giuseppe Conte, le Président du Conseil italien, a appelé les dirigeants européens à prendre des mesures extraordinaires et à envisager l’émission d’une dette commune au niveau de l’UE, afin d’aider l’économie européenne à se relever de la crise du coronavirus.

La mise en œuvre du MES viendrait s’ajouter aux mesures déjà prises par chaque pays, au plan d’urgence de la Banque centrale européenne (750 milliards d’euros), aux 37 milliards d’euros d’investissements issus des fonds structurels européens, aux lignes de crédits offertes par la Banque européenne d’investissement et à l’assouplissement des règles européennes en matière de fiscalité et d’aides d’État.

Mario Centeno a souligné que depuis la dernière réunion de l’Eurogroupe la semaine dernière, le volume des mesures budgétaires adoptées au niveau national avait doublé pour atteindre 2 % du PIB des pays. Quant aux mesures de liquidité, elles sont passées de 10 à 13 % du PIB.

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