Levées de fonds géantes : Back Market et Qonto sur le podium des licornes françaises

« Avec cette levée, l'une des plus conséquentes de l'histoire de la French Tech, Qonto devient la 24e licorne française », s'est félicité Cédric O, secrétaire d'État chargé du numérique. [LUDOVIC MARIN/EPA-EFE]

Journée historique pour la French Tech mardi 11 janvier : deux levées de fonds géantes ont été dévoilées coup sur coup par le spécialiste du paiement dédié aux entreprises Qonto et la place de marché Back Market qui montent sur le podium des licornes françaises.

Le spécialiste de la revente d’objets électroniques reconditionnés Back Market a annoncé en deuxième partie de journée avoir levé 450 millions d’euros, pour atteindre 5,1 milliards d’euros de valorisation. Quelques heures auparavant, Qonto claironnait avoir réalisé levé 484 millions d’euros, pour une valorisation de 4,4 milliards d’euros.

L’opération de Back Market, créé en 2014, a été réalisé auprès de Sprints Capital, Eurazeo, Aglaé Ventures, General Atlantic et Generation Investment Management.

« Chez Back Market nous sommes sur une croissance globale à trois chiffres chaque année », a expliqué son PDG Thibaud Hug de Larauze dans un communiqué. « Le but est que nos partenaires français en profitent également en partageant avec nos partenaires étrangers un gâteau qui ne va cesser de grossir dans les années à venir ».

Dans un marché de l’occasion très prometteur, l’entreprise, qui compte désormais plus de 650 salariés et souhaite en recruter près de 400 autres en 2022, ambitionne ainsi de permettre à la filière française du reconditionnement de s’affirmer comme une championne de l’export en Europe.

Du côté de Qonto, la liste des contributeurs à la nouvelle opération est longue : les fonds d’investissement américains Tiger Global et TVC ont fait leur entrée, ainsi qu’Alkeon, le français Eurazeo, KKR, Insight Partners, Exor Seeds et Gaingels.

Le Suisse Guillaume Pousaz et l’investisseuse Ashley Flucas complètent le panel des « business angels ».

Ils ont rejoint d’anciens investisseurs qui ont remis de l’argent pour ce tour : le géant chinois Tencent, le fonds de capital risque DST Global, connu pour son soutien à des pépites de la tech comme Alibaba, Facebook ou Spotify, le fonds de capital risque français Alven Capital et l’américain Valar.

« Avec cette levée, l’une des plus conséquentes de l’histoire de la French Tech, Qonto devient la 24e licorne (c’est-à-dire une jeune entreprise non cotée en Bourse et valorisée à plus d’un milliard de dollars, NDLR) d’un écosystème qui ne cesse de croître, à Paris comme dans les territoires », s’était auparavant félicité Cédric O, secrétaire d’État chargé du numérique, dans le communiqué de Qonto, en rappelant l’objectif du gouvernement de passer de trois à 25 licornes entre 2017 et 2025.

En incluant ce quatrième tour de table, l’établissement de paiement a levé au total 622 millions d’euros. Créé en 2017, il a pour objectif de faciliter la vie des entreprises, et notamment des TPE et PME.

Back Market et Qonto revendiquent chacun une valorisation supérieure à celle de Sorare, considérée jusque-là comme la plus précieuse des licornes françaises. Le créateur du jeu en ligne d’échange de vignettes de joueurs de football basé sur la technologie émergente des NFT a révélé en septembre une opération de 580 millions d’euros, pour une capitalisation de 3,8 milliards d’euros.

Ce classement est basé sur les valorisations dévoilées à l’occasion des levées de fonds de ces licornes non cotées, et ne permet donc pas de comparaison en temps réel.

Un million de clients en 2025 ?

Avec les fonds levés, Qonto souhaite améliorer ses services en proposant de nouvelles fonctionnalités, mais également créer un hub à Barcelone, continuer son expansion européenne en investissant 100 millions d’euros dans chacun des quatre pays où elle est présente (France, Italie, Espagne et Allemagne) et s’implantant dans d’autres à partir de 2023.

« A horizon 2025, on prévoit que plus de 75% des nouveaux clients seront acquis hors de France », annonce à l’AFP Alexandre Prot, cofondateur de Qonto, qui double chaque année son chiffre d’affaires depuis sa création.

L’établissement ambitionne également de quadrupler le nombre de ses salariés d’ici à 2025, à 2.000, et d’atteindre un million de clients au même horizon.

« Il y a à peu près 25 millions de PME en Europe, aujourd’hui on n’en a que 220.000 chez nous, donc un peu moins d’1% », explique M. Prot.

Qonto n’a pas révélé de données mais selon Les Échos, l’établissement a réalisé près de 19,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020. En un an, il a doublé ce revenu mais aussi ses pertes en parallèle, à 26,9 millions d’euros contre 11,4 millions en 2019.

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