L’impôt mondial sur les sociétés nuira aux petites économies, selon l’Estonie

La ministre des Finances estonienne Keit Pentus-Rosimannus, lorsqu'elle était ministre des Affaires étrangères en 2015. [EPA/PPETER KOMKA]

Le projet d’impôt mondial sur les sociétés est « néfaste pour les entreprises, la concurrence internationale et la création d’emplois », selon la ministre estonienne des Finances, Keit Pentus-Rosimannus.

Les dirigeants du G7 se sont mis d’accord dimanche sur un impôt mondial de 15 % sur le revenu des sociétés, quel que soit leur lieu d’implantation. Cette réforme, attendue depuis longtemps, a pour but de mettre fin à la concurrence en utilisant des taux d’imposition faibles dans l’espoir d’attirer les géants du secteur.

Les premières réactions au nouveau taux d’imposition ont été positives, notamment de la part de géants du numérique comme Google et Facebook. Toutefois, l’Estonie n’a pas fait preuve du même enthousiasme, malgré les estimations selon lesquelles la proposition apporterait 10 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires au pays.

Le régime limite la concurrence fiscale et les choix de politique fiscale entre les différents pays, a déclaré mardi à ERR News Keit Pentus-Rosimannus, ancienne ministre des Affaires étrangères et ministre des Finances de l’Estonie, membre du parti réformiste libéral, ajoutant qu’il serait « contraignant » pour les petits pays.

Une concurrence fiscale saine « soutient généralement la croissance et l’innovation », mais maintenant la proposition du G7 va « dans la direction opposée », a-t-elle ajouté.

Dans le cadre du système estonien d’impôt sur les sociétés, seuls les dividendes sont imposés, tandis que les bénéfices ne le sont pas s’ils sont réinvestis dans l’entreprise. Dans l’interview, la ministre a laissé entendre que les exceptions au régime de l’impôt sur les sociétés qu’elle a demandées ces dernières années seront également appliquées à l’avenir.

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