L’OMC prévoit un effondrement des échanges mondiaux pour 2019

L’organisation mondiale du commerce (OMC) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance des échanges de marchandises à 1,2 % pour 2019 contre 2,6 % au printemps dernier. Un article de notre partenaire, la Tribune.

Les perspectives du commerce international s’assombrissent. Selon les dernières prévisions des économistes de l’OMC publiées ce mardi premier octobre, le volume des échanges à l’échelle de la planète va augmenter de 1,2 % en 2019. Les experts ont ainsi divisé par deux leurs projections par rapport à celles du printemps dernier (2,6 %). Dans un communiqué, le directeur général de l’institution internationale, Roberto Azevêdo, explique que « les conflits commerciaux renforcent l’incertitude, ce qui conduit certaines entreprises à reporter des investissements favorables à la productivité qui sont essentiels pour élever les niveaux de vie ».

Sur ce point, de nombreux chefs d’entreprise et investisseurs ont déjà exprimé des craintes sur la perspective d’un Brexit sans accord à la fin du mois d’octobre. La situation politique outre-Manche a plongé beaucoup d’entreprises dans le flou le plus total. De son côté, le président américain Donald Trump, dans un récent discours aux Nations-Unies, a dit espérer la conclusion d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine profitable aux deux pays tout en appelant de ses vœux une réforme drastique de l’Organisation mondiale du commerce face au comportement « agressif » de Pékin. Il a notamment fustigé les pratiques commerciales « inéquitables » de la Chine.

Chute des exportations de l’Amérique du Nord

Depuis 2017, le rythme des échanges internationaux de marchandises a sérieusement marqué le pas passant de 4,6 % en 2017 à 3 % en 2018 et 1,2 % en 2019. Il pourrait  accélérer en 2020 (2,7 %). Dans le détail, le coup de frein des exportations est particulièrement marqué en Amérique du Nord (-2,8 points entre 2018 et 2019, passant de 4,3 % à 1,5 %).

En Asie, le ralentissement est aussi très visible sur la même période avec deux points en moins (3,8 % en 2018 contre 1,8 % en 2019). Du côté de l’Europe, les chiffres sont moins décevants puisque les ventes de biens devraient passer de 1,6 % à 0,6 %. L’Amérique du Sud et l’Amérique centrale sont les deux seules régions à connaître une progression entre 2018 et 2019.

Baisse des carnets de commandes

Outre les difficultés de l’économie mondiale et l’affrontement commercial et technologique entre les États-Unis et la Chine, les économistes de l’OMC redoutent encore une chute des carnets de commandes dans les mois à venir.

« Les indicateurs économiques mensuels fournissent des indices préoccupants au sujet de la trajectoire actuelle et future du commerce mondial. Un indice des nouvelles commandes à l’exportation dérivé des indices des directeurs d’achat est tombé de 54,0 en janvier 2018 à 47,5 en août 2019, son niveau le plus bas depuis octobre 2012 », au moment de la crise des dettes souveraines.

Toutes les valeurs inférieures à 50 illustrent une contraction des échanges. A cette dégringolade des carnets de commandes s’ajoutent les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les récentes attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie Saoudite ont fait flamber les prix du pétrole d’environ 20 % avant un retour rapide à la normale. Lundi dernier, un responsable de la compagnie Aramco, Ibrahim al Bouaïnaïn a affirmé que l’Arabie saoudite a retrouvé ses niveaux de production antérieurs au bombardement de deux de ses sites pétroliers le 14 septembre.

Guerre commerciale, urgence climatique : le CEPII sonne l'alarme

Affrontement commercial entre les États-Unis et la Chine, Brexit, vulnérabilités financières, ralentissement plus fort que prévu de la croissance, dérèglement climatique…Les économistes du CEPII brossent le portrait d’une économie mondiale sous pression. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Risque d’escalade entre les États-Unis et l’Europe

En parallèle du conflit entre la Chine et les États-Unis, les relations entre la France et le pays de l’oncle Sam pourraient s’envenimer. L’Organisation mondiale du commerce a autorisé ce mercredi les États-Unis  à mettre en place des droits de douane contre l’avionneur européen Airbus, accusé par Washington de bénéficier de subventions illégales.

Dans ce conflit qui remonte à 2004, l’UE a de son côté affirmé que Boeing avait reçu 19,1 milliards de dollars de subventions interdites entre 1989 et 2006 de la part de diverses branches du gouvernement américain. L’application de droits de douane par les États-Unis aurait aussi un « impact négatif » sur les compagnies aériennes et les emplois américains, a mis en garde mercredi le PDG d’Airbus Guillaume Faury,

 

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