« Nous devons ouvrir une phase de nouveau réinvestissement comme on l’a fait dans la crise Covid », a lancé mercredi (17 janvier) le président Emmanuel Macron lors du Forum économique mondial (FEM) de Davos, laissant entendre qu’un nouvel emprunt commun s’imposait.
« On a […] besoin d’avoir une Europe de l’investissement beaucoup plus forte », a-t-il martelé, pour soutenir « l’Europe souveraine », dont il se fait le premier défenseur.
Un réinvestissement à l’échelle européenne s’impose selon lui, à l’instar de l’emprunt commun que les États membres avaient acté au pire de la pandémie, en 2020.
M. Macron a également apporté son soutien à la Première ministre estonienne, Kaja Kallas, qui « a eu le courage, dans un pays qui était plutôt réputé pour être frugal, de proposer des eurobonds pour l’industrie de défense et l’Ukraine ».
« Allons-y [pour les eurobonds] sur des grandes priorités d’avenir. »
Les propos du président font écho à ceux de Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, tenus la semaine dernière, appelant l’Europe à « être prête à prendre des risques » afin de financer l’industrie militaire et de défense du continent, à hauteur de 100 milliards d’euros.
« Là encore, [il y a] nécessité d’avoir un investissement commun et conjoint », a-t-il répété lundi (15 janvier), lors d’une conférence de presse à Paris.
Face au plan d’investissement massif américain présenté à l’été 2022, l’Inflation Reduction Act (IRA), les espoirs étaient grands que l’Europe se dote d’un fonds de souveraineté européenne, financé en levant de la dette européenne sur les marchés.
Une proposition que la France a toujours soutenue. « Mon président n’a que ce sujet à la bouche », s’exclamait auprès d’Euractiv un conseiller présidentiel en novembre.
Mais les réticences de certains Etats membres, en premier chef l’Allemagne, avaient réduit les ambitions d’un vrai fonds à peau de chagrin. En juin, la Commission européenne présentait une plateforme de financement, la Strategic Technologies for Europe Platform (STEP), abondée par les pays à hauteur de dix milliards d’euros supplémentaires.
« C’est très, très en dessous » des attentes, soupirait à l’époque l’eurodéputée Renew Valérie Hayer.
Lors de son discours au Forum économique mondial, M. Macron a aussi appelé de ses vœux à « approfondir l’Union des marchés de capitaux ».
« Nous devons absolument avoir une Europe financière […] beaucoup plus intégrée. Pourquoi ? Parce que notre continent a beaucoup d’épargne. Mais cette épargne est mal allouée. »
Si les blocages persistent, il a affirmé que la France avancera « sur une coopération renforcée ».


