Macron peine à convaincre sur ses cinq premiers mois

Macron sur TF1, le 15 octobre

Le président français a répondu à sa première interview télévisée depuis son élection sans aborder les sujets de l’Europe ou du climat.

«Je continuerai à dire les choses» : Emmanuel Macron a défendu dimanche soir ses cinq premiers mois de quinquennat, marqués par des déclarations controversées et des réformes perçues par une partie de l’opinion et de l’opposition comme favorables aux plus aisés.

Pour sa première grande interview télévisée depuis son élection en mai, le chef de l’Etat, dont la cote de popularité a chuté de 15 points en moyenne entre juin et octobre, s’est employé à expliquer ses réformes et à déminer les critiques qui se sont exprimées, notamment sur son style de présidence.

«Il y aura toujours des résistances, il y aura toujours des commentaires», a-t-il estimé, assis dans son bureau de travail à l’Elysée avec vue sur le jardin, face à trois journalistes de TF1 et LCI.

Selon un sondage, les téléspectateurs se sont montrés peu convaincus par le jeune président. C’est en tout cas ce qu’affirme 61 % d’entre eux, après une heure de discours assez techniques qui ont vu les journaliste souvent dépassés, voire ignorés par la logorrhée présidentielle.

 

«Je continuerai à mener l’action déterminée de refondation que j’ai commencé à lancer», a-t-il ajouté, trois semaines après avoir signé les ordonnances réformant le Code du travail et trois jours après avoir lancé son nouveau chantier social.

«Et à l’international, je continuerai au même rythme et avec la même détermination», a-t-il poursuivi.

Le chef de l’Etat de 39 ans, qui s’est hissé au pouvoir aux dépens des partis politiques traditionnels en promettant une transformation profonde du pays, a défendu sa liberté de ton, face à l’émoi suscité par ses récents propos sur le «bordel» ou «les fainéants».

Président des riches ?

Dans le sillage de la présentation du projet de budget pour 2018, le couple exécutif a également dû endiguer les critiques grandissantes sur une présumée «présidence des riches».

Le président a notamment défendu une réforme de la taxation des retraites qui risque de peser sur les revenus des retraités. Il a ainsi avancé que le recul de la taxe foncière compenserait la baisse des revenus, quand bien même les deux impôts n’ont strictement rien à voir.

«Je ne crois pas au ruissellement, mais je crois à la cordée», a-t-il aussi déclaré. «Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole.»

A l’heure du lancement du deuxième chantier social du quinquennat – réforme de la formation professionnelle, apprentissage et assurance chômage -, le chef de l’Etat a estimé que les réformes menées par le gouvernement porteraient leurs fruits «dans un an et demi, deux ans».

L’entretien, qui a duré un peu plus d’une heure, est le premier accordé en direct à la télévision française depuis son élection. A la veille d’un conseil européen, qui se déroule les 19 et 20 octobre, les sujets de l’environnement et du climat n’ont pas été abordés, ni par les journalistes ni par le président.

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La République en Marche hésite entre la création d’un nouveau parti et le rattachement aux centristes, en amont des élections européennes de 2019.

Emmanuel Macron, qui ne s’est pas plié à la traditionnelle interview du 14-juillet, a toutefois accordé quelques interviews à la presse écrite, française et européenne, dont le Spiegel la semaine dernière. Une interview dans laquelle il dénonçait les liens de copinage entre les politiques et les médias français.

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