Macron veut créer un « Airbus » des batteries

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Deux usines de production de batteries pour voitures électriques doivent être créées en partenariat avec l’Allemagne. L’Europe veut mettre fin au quasi-monopole asiatique. Un article de notre partenaire Ouest-France.

L’Airbus A380 est en fin de piste mais un autre projet européen est bien parti pour prendre son envol. Emmanuel Macron veut un « réveil européen » de la production des batteries équipant les voitures électriques.

La batterie représente, en moyenne, 40 % de la valeur d’un véhicule électrique. Les fabricants sont presque exclusivement asiatiques, comme le japonais Panasonic et le chinois CATL. « L’Europe ne peut pas continuer d’importer des batteries, analyse Bernard Jullien, économiste spécialiste du secteur automobile. C’est un processus lourd et coûteux, notamment en droits de douane. » Sur le plan géopolitique, la question de l’indépendance économique de l’Europe se pose.

Fera-t-il le poids ?

Pour créer une filière européenne de production de batteries, la France va débloquer 700 millions d’euros et l’Allemagne un milliard. Une usine spécialisée doit être construite dans chaque pays d’ici à 2022. La Commission européenne est favorable au projet. « L’ampleur et la rapidité des investissements demandés sont tels qu’aucun industriel ne peut les prendre en charge », expliquait, en novembre, Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne.

En 2022, un million de véhicules électriques devraient être vendus en France. Des sociétés asiatiques ont déjà ouvert des usines dans l’Union européenne. LG Chem fabrique une partie des batteries de la Renault Zoé en Pologne, l’autre est importée de Corée.

Les constructeurs français sont enthousiastes. « On ne peut que soutenir un projet qui permette d’avoir un approvisionnement européen et français », a réagi Thierry Bolloré, directeur général de Renault. Il y a quelques mois, Carlos Tavares, à la tête du groupe PSA, avait plaidé pour un « champion européen de la batterie » permettant d’« équilibrer la situation asiatique dominante ».

Doté d’un financement d’1,7 milliard d’euros, l’Airbus de la batterie fera-t-il le poids ? « Pour produire c’est bon, estime Bernard Jullien. Pour de la recherche et du développement, par contre c’est juste. » Leader mondial, le chinois CATL pèse 25 milliards d’euros en Bourse. De leur côté, Tesla et Panasonic avaient investi près de 5 milliards dans une usine géante en 2014.

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