Macron veut défendre l’intelligence artificielle au niveau européen

Emmanuel Macron au forum AI for Humanity [EPA-EFE]

Le président français a détaillé la stratégie française pour l’intelligence artificielle, en insistant sur l’importance d’accélérer la réflexion au niveau européen.

Emmanuel Macron souhaite faire de la France et de l’Europe des leaders de l’intelligence artificielle. A l’occasion de la conférence « Intelligence artificielle au service de l’Humanité » , et après la remise du rapport Villani sur le sujet, le président français a détaillé sa stratégie pour revaloriser la position française face aux leaders mondiaux chinois et américain. Cette stratégie devrait comprendre entre autres une plus grande ouverture des données publiques, un plan d’expérimentation du véhicule autonome, ou encore un « hub des données de la santé ».

La France veut entrainer l'Europe dans la course à l'intelligence artificielle

Si la France n’a pas pris la tête de la révolution numérique, elle a les atouts pour devenir un leader de l’intelligence artificielle en associant ses partenaires européens, selon le ministre de l’économie Bruno Le Maire.

Une ouverture des données européennes

Emmanuel Macron a insisté à plusieurs reprises sur l’échelle européenne, par exemple concernant l’ouverture des données. « Je souhaite que nous puissions ouvrir une réflexion à l’échelle européenne sur l’accès à des fins d’intérêt général aux bases massives de données privées » a déclaré le président.

Dans son rapport, le député de l’Essonne Cédric Villani souligne l’importance de la révision de la directive sur la réutilisation des informations du secteur public. Une occasion selon lui d’aller dans le sens d’une plus grande ouverture des données européennes. Le député pointe également la révision de la directive sur le droit d’auteur comme une opportunité pour favoriser l’exploitations des textes et données dans la recherche. Comme le souligne le rapport, ces techniques permettent de traiter des bases de données mais nécessitent aujourd’hui un accord explicite de l’auteur de ces dernières.

Un cadre règlementaire européen

Dans son discours, le président a également mis en avant le cadre règlementaire européen nécessaire pour développer l’intelligence artificielle. « [L’] ouverture des données est inconcevable sans un cadre européen protégeant les données personnelles ».

Plusieurs intervenants de la conférence ont à ce sujet rappelé le nouveau règlement européen sur la protection des données devant entrer en vigueur le 25 mai prochain. Ce règlement comprend un droit à la portabilité, par lequel les citoyens pourront demander aux entreprises de récupérer les données personnelles qu’ils leur ont transmises.

La Commission veut conjuguer intelligence artificielle et principes éthiques

Un groupe d’experts européens se penche sur les défis éthiques posés par le développement de l’intelligence artificielle et ses conséquences sur les droits fondamentaux des citoyens de l’Union. Un article de notre partenaire, EuroEfe.

 

Une stratégie franco-allemande puis européenne

« Nous avons en la matière une stratégie française (…) mais qui doit très rapidement devenir une stratégie franco-allemande et une stratégie européenne », a déclaré le président sur le sujet des véhicules autonomes.

Un même mouvement semble se retrouver au niveau des financements. Emmanuel Macron a souhaite développer des instituts dédiés à l’intelligence artificielle et des chaires d’excellence, dont « une part des financements sera dès l’origine fléchée vers des projets franco-allemands en la matière ». En tout, le président a annoncé 1.5 milliard d’euros pour financer le développement de start-up technologiques et de projets industriels dédiés à l’intelligence artificielle.

« C’est le prochain cadre financier européen qui devra porter cette ambition de l’intelligence artificielle », a-t-il rappelé, alors que la Commission devrait faire une proposition sur ce dernier en mai prochain. Ce prochain cadre financier se fera sans la contribution britannique. Le commissaire européen au budget Günther Oettinger a néanmoins dit à plusieurs reprises vouloir sanctuariser dans ce dernier au moins les financements pour les programmes Erasmus + et Horizon 2020, ce dernier programme étant tourné vers la recherche et l’innovation.

Subscribe to our newsletters

Subscribe