Malte, le «Panama européen»

Les autorités allemandes ont été alertées de l’existence de 70 000 sociétés offshore enregistrées à Malte, et compte partager ces information,s avec les autre Etats membres. Un article de notre partenaire, Italia Oggi.

Malte a été qualifiée de « Panama européen » par Norbert Walter-Borjans, ministre des Finances de Rhénanie-du-Nord – Westphalie, après la réception par des contrôleurs fiscaux d’une information anonyme.

Le 10 mai, les autorités fiscales de Wuppertal ont reçu une clé USB contenant le nom de 70 000 entreprises étrangères enregistrées sur la petite île de Malte.

Norbert Walter-Borjans a révélé que 2 000 citoyens allemands et entreprises étaient enregistrés à Malte et que les autorités nationales suspectaient depuis longtemps que les entreprises allemandes se liaient économiquement à l’île pour pratiquer l’évasion fiscale.

La commission d’enquête sur les Panama Papers cible Neelie Kroes

Lors de sa première réunion, la commission a décidé d’élargir son enquête aux Bahamas Leaks, visant directement l’ancienne commissaire Neelie Kroes. L’actuel commissaire à  l’Energie,  Miguel Arias Cañete, pourrait ne pas être inquiété.

Le ministre des Finances de Rhénanie-du-Nord – Westphalie a également déclaré dans un communiqué de presse que « l’information montre comment les entreprises et les particuliers, basés sur le petit État insulaire de Méditerranée, utilisent des sociétés-écrans pour contourner les taxes allemandes ».

« Cela est rendu possible grâce à des manœuvres légales, mais surtout, par l’usage de sociétés offshore », a-t-il poursuivi. Norbert Walter-Borjans a ajouté qu’il était impatient de partager ces données sur le « Panama de l’Europe » avec tous les autres pays impliqués.

Le ministre maltais des Finances, Edward Scicluna, a réfuté les accusations de son homologue allemand en soutenant que le pays possédait un registre public de toutes les entreprises, et que celui-ci en cataloguait actuellement 53 000.

Les Panama Papers poussent l'Allemagne à agir contre l'évasion fiscale

Après la publication des « Panama Papers », l’Allemagne a annoncé qu’elle comptait amender les textes sur le blanchiment d’argent en vue d’obliger les sociétés offshore à révéler l’identité de leurs propriétaires.

Le ministre reconnaît que le registre a, par le passé, atteint les 80 000 entreprises, mais que ce nombre a chuté suite à la volonté de réduire le nombre de sociétés offshores sur le sol maltais.

« Il est évident que ceux qui tiennent ces propos sont mal informés », a déclaré Edward Scicluna tout en rappelant que Malte applique une taxe sur les entreprises de 35 % conformément aux normes de l’OCDE et de l’UE.

Ce n’est pas la première fois que le régime fiscal de Malte se trouve dans le viseur de l’Allemagne. En 2015, la République fédérale rapportait déjà que de nombreuses sociétés allemandes de jeux d’argent exploitaient les avantages fiscaux de l’île. Les autorités avaient alors décidé que les sociétés de paris allemandes devaient payer leur TVA en Allemagne si leurs clients étaient Allemands.

Norbert Walter-Borjans est en train de se tailler une réputation de meneur dans la lutte contre l’évasion fiscale. En 2012, son ministère a acheté un CD rempli de données sur les opérations bancaires d’Allemands fortunés.