Mario Centeno lâche la présidence de l’Eurogroupe

Le Premier ministre portugais Antonio Costa (à g.), le ministre des Finances démissionnaire Mario Centeno (à d.), suivi par son successeur, Joao Leao. [EPA-EFE/JOSE SENA GOULAO / POOL]

Mário Centeno, le ministre des Finances du Portugal, a démissionné du gouvernement portugais et donc remis son mandat à la tête de l’Eurogroupe. En cause : des tensions avec le Premier ministre, António Costa.

Surprise au Portugal. Mário Centeno a annoncé son départ le 9 juin. Le 15 juin, João Leão, l’actuel secrétaire d’État au budget, lui succèdera. Il fera ses débuts devant le parlement le 19 juin. Mário Centeno, qui a demandé à se retirer à la fois du gouvernement et de l’Eurogroupe, n’a pas expliqué les raisons de sa décision.

C’est pourtant lui qui présidera la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro, le 11 juin, durant laquelle les candidats à sa succession seront présentés. Son mandat prendra officiellement fin le 13 juillet et son successeur sera élu le 9 juillet.

L'assurance-chômage européenne à l'agenda de l'Eurogroupe

La semaine prochaine, la Commission compte présenter un système de réassurance chômage paneuropéen aux ministres des Finances de l’UE, afin de soutenir les États membres les plus affectés par le coronavirus.

Certains ministres ont déjà fait acte de candidature pour reprendre la présidence de l’Eurogroupe, comme l’Espagnole Nadia Calviño, vice-présidente et ministre de l’Économie, et Pierre Gramegna, le ministre des Finances du Luxembourg.

Du gouvernement à la Banque du Portugal ?

Les relations entre António Costa et Mário Centeno n’étaient pas été au beau fixe ces derniers temps. La question d’un remaniement du gouvernement est posée depuis mars, mais celui-ci a été retardé en raison de la pandémie de coronavirus. C’est finalement Mário Centeno qui a demandé à partir.

Son souhait de quitter le gouvernement s’est intensifié après un différend survenu en mai, portant sur le transfert de 850 millions d’euros à l’établissement bancaire Novo Banco. Mário Centeno avait donné son feu vert à l’opération, mais António Costa avait juré devant le parlement portugais qu’il n’injecterait plus d’argent dans cette banque sans connaître le résultat d’un audit qui est en cours actuellement.

Les socialistes triomphent au Portugal avant l'audition de Josep Borrell

L’UE s’est réveillée avec la nouvelle de la large victoire du socialiste, António Costa, lors des élections législatives au Portugal. Le Premier ministre a remporté 36,6 % des suffrages et son parti rafle 106 sièges au parlement. Un article d’Euroefe.

Le Premier ministre avait néanmoins renouvelé sa confiance au ministre des Finances lors d’une réunion, le 13 mai. Les spéculations vont désormais bon train sur le fait que Mário Centeno pourrait délaisser son fauteuil ministériel pour s’installer dans celui de président de la Banque du Portugal.

C’est à Mário Centeno que revient le mérite de la réduction de la dette publique du Portugal, qui a chuté de 14 points de pourcentage en quatre ans, pour atteindre 117,7 %. Il a également transformé le profond déficit du pays en un excédent budgétaire de 0,2 % au dernier trimestre 2019.

Pas de surprise

La nomination du remplaçant de Mário Centeno est logique, João Leão ayant joué un rôle clé dans l’élaboration de la stratégie macroéconomique prudente mise en œuvre par le Portugal. Il serait également politiquement proche du Premier ministre.

João Leão a également été secrétaire d’État au budget entre 2015 et 2019, lors du premier mandat d’António Costa. Il a également dirigé le Bureau des études du ministère de l’Économie entre 2010 et 2014 et été conseiller du sous-secrétaire d’État à l’industrie et au développement entre 2009 et 2010.

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