L’équilibre vie professionnelle/vie privée divise l’UE

La rémunération du congé paternel pose question. [Shutterstock]

Plus de 300 organisations et un groupe d’eurodéputés appellent les ministres de l’Emploi à accorder leurs violons, afin de commencer les négociations sur la future directive sur l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée.

En 2016, la Commission européenne a présenté un projet législatif pour l’harmonisation des lois nationales sur l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, dans le cadre du pilier social de l’UE. Le texte comprend l’établissement de minimums sur le congé de paternité, le congé parental et le congé des aidants. Le Parlement a soutenu la proposition en décembre, et attend à présent que le Conseil initie les discussions.

Dans une lettre ouverte envoyée le 18 juin, ONG et associations de syndicats ont demandé aux ministres de faire preuve de « respect pour les citoyens européens et leurs représentants en avançant et en adoptant une position commune » sur la proposition.

« Le cadre juridique et institutionnel existant ne permet pas de répondre suffisamment aux difficultés des citoyens et ne fournit pas de solution adéquate aux besoins d’une société moderne », estiment les signataires de cette lettre. « Une directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est la bonne manière d’avancer. »

Parmi les signataires, on retrouve la Confédération européenne des syndicats, Eurochild, le Réseau européen pour la vie indépendante, ILGA Europe, ou encore COFACE Familles Europe. Les chefs de file des groupes socialistes, des Verts et du groupe GUE/NGL, Udo Bullman, Philippe Lamberts et Gabriele Zimmer, ainsi que les rapporteurs parlementaires sur le dossier.

Bruxelles propose un congé paternité européen de 10 jours

La Commission vient de dévoiler sa proposition de loi garantissant un congé paternité d’au moins dix jours au sein de l’UE. 7 États membres sur 28 ne possèdent aujourd’hui aucune règle garantissant un congé pour les pères.

Désaccords en vue

Les ministres de l’Emploi et aux Affaires sociales se réunissent le 21 juin pour tenter d’élaborer une position commune et entamer des négociations avec le Parlement. Ce qui s’annonce compliqué.

La proposition initiale de la Commission comporte l’allongement du congé parental à quatre mois non transférables. Pour la plupart des gouvernements, c’est trop ambitieux. Un compromis de deux mois a été suggéré par certains pays, alors que d’autres préfèrent s’accrocher à la règle actuelle d’un mois.

La question du congé paternel payé divise également les ministres. Si les 28 sont tous d’accord sur le principe, certains estiment que le montant de la rémunération devrait être décidé au niveau national. La Bulgarie, actuellement à la présidence tournante de l’UE, a enlevé du texte la notion d’allocation « adéquate », après les demandes de certaines délégations de trouver « plus de certitude juridique ».

Tous les ministres s’accordent par contre sur l’octroi de plus de flexibilité aux États membres pour décider de la période durant laquelle ces congés peuvent être pris et sur le nombre de jours et la rémunération minimum des aidants. La seule proposition initiale soutenue sans réserve par les gouvernements semble être l’introduction d’une organisation de travail flexible pour les proches aidants.

Le texte a pour objectif d’assurer l’égalité entre hommes et femmes en ce qui concerne le marché de l’emploi et les conditions de travail, ainsi que de permettre un meilleur équilibre de vie aux aidants.

« Les parents et familles qui travaillent, ainsi que les aidants et ceux qui dépendent d’eux, n’ont pas de temps à perdre. Ne gâchons pas cette occasion de montrer à nos citoyens que nous nous occupons d’eux », souligne la lettre.

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