Les eurodéputés encouragent du bout des lèvres les vidéos européennes

Les eurodéputés ont approuvé une initiative selon laquelle les plateformes comme Netflix ou Amazon devront offrir au moins 30 % de contenus audiovisuels européens.

Dans le cadre de la directive sur les services de médias audiovisuels, la Commission a proposé d’obliger les diffuseurs à offrir au moins 30 % de contenus européens. Cette règle s’appliquerait aussi aux services de partage de vidéos à la demande. Les eurodéputés ont soutenu cette proposition à 452 voix contre 132.

Les règles incluent également l’interdiction des contenus incitant à la violence, à la haine ou au terrorisme. Les contenus s’appuyant sur la violence et la pornographie gratuites seront aussi sanctionnés.

Les plateformes elles-mêmes seront tenues de réagir rapidement et efficacement à toute plainte concernant ce type de contenus.

Sabine Verheyen (PPE, Allemagne) est l’une des rapporteurs du dossier. Elle s’est félicitée de ces nouvelles restrictions. « Il sera possible pour les adultes de mettre en place des logiciels filtrant les contenus que voient leurs enfants et aussi d’avoir des logiciels de vérification d’âge sur les contenus potentiellement nuisibles », a-t-elle souligné.

Le Parlement européen veut 30% de films européens sur Netflix

Netflix et les autres plateformes de vidéo à la demande devraient offrir un minimum de 30 % d’œuvres européennes, au lieu des 20 % initialement proposés par Bruxelles.

La directive obligera également les diffuseurs à ne pas passer plus de 20 % de matériel publicitaire entre 6 heures du matin et 18 heures.

Pour l’eurodéputé grec de GUE, Nikolaos Chountis, ce dernier point ne suffit pas à limiter la quantité de publicité sur nos écrans. « Il reste encore beaucoup à faire pour réduire l’assouplissement généralisé des règles en matière de publicité, de téléachat et de placement de produits », a-t-il estimé.

L’eurodéputée suédoise du PPE, Anna Maria Corazza Bildt a révélé qu’elle avait voté contre la directive, car selon elle, l’obligation d’avoir au moins 30 % de contenu européen sur les plateformes de streaming est « protectionniste » et « anti-innovante ».

L’eurodéputée estonienne Yana Toom (ALDE) trouve pour sa part que les nouvelles règles seront « impossibles à mettre en place ».

Depuis sa création, le rapport est empêtré dans la controverse. Il a d’abord été révélé que les deux rapporteurs, Sabine Verheyen et sa compatriote, la socialiste Petra Kammerevert, avaient été employées de la chaine publique allemande Westdeutsche Rundfunk Köln. La commission éducation et culture du Parlement européen s’est donc inquiété d’un possible conflit d’intérêt.

Avant que les règles n’entrent en vigueur, la directive doit encore être approuvée par le Conseil. Si elle est adoptée, les États membres auront un délai de 21 mois pour transposer les nouvelles obligations dans leur législation nationale.

L’organisation représentant l’industrie technologique de l’UE, Digital Europe, fait pression pour que le Conseil ne mette pas en place des paramètres trop restrictifs s’il juge nécessaire de réexaminer le texte.

« Une approche modérée, où les États membres évitent les dispositions trop normatives et laissent une marge de manœuvre pour l’innovation, permettrait aux fournisseurs de service et aux consommateurs de s’adapter à un marché européen de plus en plus varié, dynamique et vivant », a déclaré Cecilia Bonefeld-Dahl, directrice générale de Digital Europe.

Année charnière pour le marché unique numérique

La Commission européenne s’est donné l’objectif risqué de finaliser les négociations législatives sur les 25 propositions liées au marché unique numérique d’ici la fin de l’année.

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