Un nouveau rapport publié hier 20 octobre par la Commission européenne prévient que les citoyens européens, qui sont toujours plus nombreux à opter pour des régimes de pensions du secteur privé, pourraient se voir octroyer des pensions insuffisantes. La situation pourrait s’aggraver alors que la crise financière gagne l’économie réelle.
Les futurs niveau de pension seront soumis à un certain nombre d’incertitudes et de risques : les risques liés à l’interruption de carrière, à la longévité, à l’inflation ainsi que les risques financiers, prévient le rapport.
La crise financière actuelle a inévitablement augmenté les risques liés à de telles incertitudes. Les systèmes de pension et les bourses seront affectés par la chute généralisée des actions, impliquant des retours sur investissement plus bas pour les épargnants les plus prudents ou la perte des dépôts pour ceux qui aiment bien prendre des risques.
Le taux d’inflation élevé enregistré ces trois derniers mois par Eurostat (3,6 % dans la zone euro en septembre, comparé à 2,1 % l’an dernier et à l’objectif de la Banque centrale européenne de 2 %) signifie en outre que même les pensions liées à des retours sur investissement fixes seront touchées puisque leur taux est généralement inférieur à l’inflation.
De surcroît, les épargnants pourraient se voir touchés par les incidences non financières de la crise. En effet, la Commission a prédit la semaine dernière que la croissance du PIB serait réduite de moitié en 2009 en raison de la crise, entraînant une baisse de la consommation et des pertes d’emploi. A cet égard, le rapport de l’exécutif européen signale que l’incidence des interruptions de carrière sur les niveaux de pension « peut être significative » dans le cas des régimes volontaires. L’étude n’exclut pas la fourniture de prestations minimales afin de couvrir le coût de la couverture des interruptions et de garantir un niveau de pension suffisant pour les personnes temporairement sans emploi. Elle mentionne toutefois le coût « significatif » d’une telle approche.
Le Parlement européen a également souligné ce risque dans un projet de résolution préparé par l’eurodéputée conservatrice allemande Gabriele Stauner et approuvé en commission au mois d’octobre. Des eurodéputés y appelaient les Etats membres à « tenir sérieusement compte de la nécessité de repenser les systèmes de pension traditionnels, qui reposent sur des évaluations des risques systématiques et sur l’hypothèse d’un parcours de vie typique, standard, étant donné que le parcours de vie présumé standard est en évolution rapide et que les parcours en « mosaïque » sont appelés à devenir de plus en plus fréquents ».
Le commissaire aux Affaires sociales Vladimír Špidla a indiqué qu’il fallait toujours examiner si un meilleur cadre juridique est nécessaire pour garantir des meilleures pensions aux travailleurs.
La Commission souligne notamment la nécessité de conserver des taxes basses pour les pensions privées, estimant que si elles sont trop élevées, les épargnants pourraient recevoir trop peu d’argent une fois à la retraite. « A titre d’exemple, un prélèvement annuel de 1 % sur une période de quarante ans de cotisation représenterait 18 % des cotisations totales au moment de la retraite », indique le communiqué de presse de l’exécutif européen.
