D’après un nouveau rapport pour le gouvernement français, la stratégie européenne en matière de croissance et d’emploi a besoin d’être complétée par une initiative mondiale si l’Europe veut rester compétitive à l’avenir. Ce rapport pourrait devenir une politique officielle au moment où le pays reprendra la présidence de l’UE le 1er juillet.
Même si la stratégie de Lisbonne apporte ses premiers résultats, l’UE a besoin de « passer à la vitesse supérieure» et « d’adopter une approche mondiale » ou alors elle sera « hors course d’ici 2020 », a affirmé Laurent Cohen-Tanugi, l’auteur d’un rapport pour le gouvernement, dans un entretien à EURACTIV France, à la veille de la présentation du rapport le 15 avril.
Tout en reconnaissant que la stratégie de Lisbonne est « visionnaire » en donnant à l’Europe « une bonne longueur d’avance sur le reste du monde », l’auteur critique son incapacité à atteindre l’objectif intrinsèque visant à réduire le fossé de la compétitivité avec les Etats-Unis.
Aujourd’hui, l’Europe risque même d’être rattrapée dans certains secteurs par les plus grandes économies émergentes comme la Chine, l’Inde ou le Brésil si elle choisit de maintenir le statut quo actuel, affirme M. Cohen-Tanugi.
« L’Europe est une fois encore à la traîne dans un monde qui évolue à une vitesse sans précédent », estime-t-il, étant donné son incapacité à mettre en œuvre les réformes promises.
Un nouveau « Lisbonne Plus » ?
Le rapport demande à ce que la stratégie de Lisbonne soit rebaptisée « Lisbonne Plus » et soit intégrée dans une « stratégie EuroMonde 2015 » plus vaste qui établirait une « stratégie plus exhaustive » que l’agenda de Lisbonne.
Alors que « Lisbonne Plus » deviendrait la composante interne de la vision stratégique de l’UE, le deuxième pilier reposerait sur les politiques extérieures communes, comme le commerce, l’agriculture ou le marché intérieur, pour aider à orienter la mondialisation, selon le rapport.
« L’importance accordée aux politiques extérieures est destinée à signaler le début d’une nouvelle phase dans l’histoire de l’unification européenne dans laquelle l’Europe n’est plus centrée sur elle-même mais sur sa relation avec le reste du monde », affirme l’auteur, soulignant un « véritable changement de paradigme ».
« Compétitivité et innovation »
D’après le rapport, Lisbonne Plus devrait se recentrer sur la « compétitivité et l’innovation » en établissant un lien entre les différentes dimensions économiques, sociales et environnementales. De plus, l’auteur a émis l’espoir que la présidence française (qui commence le 1er juillet) stimulera le soi-disant « triangle de la connaissance » (l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation), en mettant en avant la valeur du capital humain européen et en encourageant une nouvelle « économie verte ».
Selon M. Cohen-Tanugi, « le vrai défi mondial auquel l’Europe est confronté est de rester dans la course en termes de prospérité et d’influence internationale, dans un monde qui est destiné à être dominé par un duopole américain / asiatique ».
« Désormais, c’est à la présidence française de l’UE de commencer à mener à bien cette nouvelle vision stratégique », conclut le rapport.
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