Moscovici plaide pour un ministre de la zone euro

Voeux de Pierre Moscovici à la Représentation de la Commission européenne à Paris

Le commissaire européen aux affaires économiques espère que son successeur assurera le portefeuille élargi de ministre européen de la zone euro. Une réforme portée par Paris et Bruxelles, mais sur laquelle l’Allemagne demeure prudente.

Lors de ses vœux à la presse, Pierre Moscovici, le commissaire aux affaires économiques, monétaires et financières a plaidé pour que 2018 soit « l’année de lancement d’une Union économique et monétaire renforcée, approfondie et démocratique », reprenant les grandes lignes définies par la Commission européenne en décembre 2017.

Le commissaire a insisté sur deux des propositions, qui devraient permettre selon lui de renforcer l’aspect démocratique de l’UEM.

D’une part, le commissaire a souligné l’idée de transformer le Mécanisme européen de stabilité en Fonds monétaire européen (FME). Utilisé pour lever des fonds sur les marchés financiers et les prêter aux États membres en difficulté, le MES est actuellement un dispositif intergouvernemental qui serait intégré aux institutions et contrôlé par ces dernières en devenant le FME.

D’autre part, il a rappelé la proposition de la Commission de créer un poste de ministre des Finances de la zone euro. « Ce qu’il manque [à la zone euro] est un exécutif et un contrôle de l’exécutif. C’est la raison pour laquelle la Commission a proposé qu’il y ait un ministre des Finances de la zone euro, qui soit à la fois président de l’Eurogroupe et vice-président de la Commission en charge des questions économiques et financières  […]. Je souhaite que mon successeur soit dans cette position-là et puisse rendre des comptes sur les décisions de l’Eurogroupe devant le Parlement européen. »

Pour réformer l'UEM, la Commission veut un siège au FMI

La Commission européenne défend la création d’un siège unique pour la zone euro au FMI, dans le cadre de son initiative de renforcement de l’union économique et monétaire.

L’Union économique et monétaire est l’une des priorités de la fin de mandat du commissaire français, qui doit s’achever peu après les élections européennes de mai 2019.

L’Allemagne prête à réformer la zone euro avec la France

Pierre Moscovici a souligné la nécessité d’un « triangle d’or », à savoir l’alignement des positions de Paris, Berlin et Bruxelles pour avancer sur l’Europe et la zone euro. La réforme de cette dernière suscite néanmoins quelques désaccords entre la France et l’Allemagne.

Principal point de tension : l’idée d’un budget commun de la zone euro, proposée par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. Dans ses vœux à la presse le 15 janvier, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a confirmé la volonté française d’avancer vers un tel budget, jugé « indispensable pour stabiliser la zone en cas de choc macroéconomique asymétrique et pour financier un certain nombre d’investissements. »

De leur côté, les dirigeants allemands, qui se sont à plusieurs reprises positionnés contre cette mesure spécifique, ont cependant affirmé leur volonté de réformer la zone euro avec la France. Dans l’accord de coalition provisoire obtenu le 12 janvier, le SPD et la CSU déclarent vouloir travailler « en étroite collaboration avec la France » pour « renforcer » et « réformer » la zone euro.

La création d’un poste de ministre des Finances de la zone euro n’a cependant pas été validée par l’accord de coalition à Berlin. Si la chancelière allemande n’a pas exclu l’idée d’un ministre de la zone euro, cette réforme n’est pas mentionnée dans l’accord de coalition entre la CDU/CSU et le SPD, qui se borne à promettre d’examiner les propositions françaises.

 

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