Moscovici promet la fermeté sur le budget italien

Pierre Moscovici

Lors de la dernière présentation des prévisions économiques, le commissaire européen Pierre Moscovici a rappelé que Bruxelles ne comptait pas faire  de compromis sur le budget italien.

« Le mot compromis m’inquiète », a déclaré Pierre Moscovici aux journalistes après la publication des prévisions économiques d’automne de la Commission. « Il ne peut pas y avoir de négociations là-dessus », a-t-il ajouté.

Dans ses nouvelles prévisions, l’exécutif européen estime que le projet de budget italien portera le déficit du pays à 2,9 % en 2019 et 3,1 % en 2020, dépassant ainsi le plafond de 3 % établi par le Pacte de stabilité et de croissance.

Coup de théâtre sur le budget italien

C’est une première pour l’UE : a Commission européenne a rejeté le budget italien pour 2019, estimant qu’il ne respecte pas le droit européen.

Le budget proposé par la Ligue, parti d’extrême droite, et le parti populiste du Mouvement 5 Étoiles, prévoit des baisses d’impôts et revient sur le projet de réduction des retraites. Le ministre italien des Finances, Giovanni Tria, a insisté sur le fait qu’il n’y aurait « ni compromis ni conflit avec la Commission. »

Pierre Moscovici a souligné que les écarts de la dette italienne s’étaient encore creusés depuis la publication du projet de budget.

Le 5 novembre, le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, a appelé l’Italie à soumettre une proposition de budget « conforme aux règles budgétaires européennes ».

L'Eurogroupe demande à l'Italie de changer son projet de budget

Les ministres des Finances de la zone euro ont demandé à l’Italie de modifier son projet de budget 2019 et de respecter les règles budgétaires de l’UE, mais Rome campe sur ses positions.

Dans le même temps, la croissance économique à travers la zone euro devrait ralentir, de 2,1 % en 2018 à 1,9 % en 2019 et 1,7 % en 2020. Le schéma devrait être le même pour l’UE à 27, avec des prévisions de croissance à 2,2 % en 2018, à 2,0 % en 2019 et à 1,9 % en 2020.

Malte et l’Irlande devraient être les économies les plus robustes de l’UE en 2019, selon les prévisions, avec respectivement 4,9 % et 4,5 % de croissance.

À l’autre extrémité du classement se trouve le Royaume-Uni, où la Commission ne prévoit une croissance économique que de 1,2 % en 2019, année du Brexit.

Pour Pierre Moscovici, les « fondamentaux de l’économie européenne sont solides » et tous les pays européens connaîtront des taux d’expansion économique variables en 2019, mais à un rythme plus lent.

Il a ajouté que le chômage continuerait de baisser à des niveaux jamais vus depuis la crise financière de 2008-2009. La dette publique de la zone euro devrait également continuer à diminuer, le déficit restant nettement inférieur à 1 % du PIB.

Le commissaire français a toutefois mis en garde contre le fait que l’économie européenne était confrontée à des « risques de ralentissement importants et interdépendants », soulignant qu’il y avait eu « un durcissement du financement au niveau international, résultant de la surchauffe potentielle de l’économie américaine » qui a explosé à la suite des réductions d’impôts appliquées par le Président Trump.

La croissance mondiale devrait ralentir légèrement, passant de 4 % à 3,8 % en 2019.

Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine représentent également un risque à moyen terme, a déclaré Pierre Moscovici, ajoutant que « le ralentissement actuel du commerce mondial affecte nos exportations et la confiance de nos entreprises ».

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